Conditions d’éligibilité. La course à la Maison-Blanche n’est pas limitée aux candidats investis par les Démocrates et les Républicains, ni même à ceux que présente un "troisième parti" (l’expression désigne aux Etats-Unis tout ce qui existe en dehors des deux grandes formations politiques traditionnelles). Les conditions d’éligibilité à la fonction présidentielle, qui n’ont pas changé depuis l’élection de George Washington en 1789, sont au contraire des plus faciles à remplir : être né américain, être âgé de 35 ans ou plus, et avoir résidé aux Etats-Unis quatorze ans au moins.
Des candidats crédibles… Encore faut-il ensuite avoir des chances d’être élu, et pour cela, il incombe de se présenter (c’est-à-dire de disposer de l’infrastructure et des fonds nécessaires) dans un nombre suffisant d’Etats pour pouvoir, en théorie, atteindre le fameux seuil des 270 "grands électeurs" et gagner. En 2016, outre Hillary Clinton et Donald Trump, seuls les candidats du Parti libertarien (Gary Johnson), du Parti vert (Jill Stein) et du Parti de la Constitution (Darrell Castle) ont satisfait à cette exigence.
Et d’autres moins. Les autres candidats sont donc condamnés à faire de la figuration, mais cela ne les décourage pas tous. Quelque vingt-cinq individus sont ainsi inscrits sur les bulletins de vote cette année, un tiers environ sous l’étiquette d’indépendant, le reste sous la bannière de partis plus ou moins pittoresques : des indépendantistes (au Minnesota ou en Caroline du Sud), des groupuscules de gauche, des militants de tous poils - pour légaliser la marijuana, par exemple, ou pour soigner son assiette (comme ce "Nutrition Party" dont le candidat est un restaurateur du New Jersey)…
Des "spoilers". Malgré cette pléthore de candidats, un scrutin présidentiel américain se résume presque toujours à un face-à-face entre Démocrates et Républicains. Il est arrivé, toutefois, qu’un troisième larron vienne jouer les trouble-fête. L’homme d’affaires texan Ross Perrot réussit à remporter 19 % des voix en 1992 - mais aucun grand électeur. L’activiste Ralph Nader se présenta à quatre reprises, notamment en 2000 - sa candidature contribua alors à la défaite d’Al Gore, comme celle de Ross Perrot affaiblit George H. Bush face à Bill Clinton. Ce rôle de nuisance incite à qualifier ces candidats de "spoilers", les "gâcheurs".
Un troisième parti ? Lassés, d’année en année, par les deux grands partis traditionnels, les Américains aimeraient-ils pour autant avoir un véritable troisième parti ? L’idée réapparaît à chaque élection, comme le monstre du Loch Ness, mais elle ne s’est jamais matérialisée, signe sans doute que le bipartisme continuera d’avoir de beaux jours devant lui aux Etats-Unis.