(Article paru dans La Libre le 30 avril 2016)
En bord de Meuse, face au bassin sidérurgique liégeois, l'antre de Sclessin s'élève. Le "chaudron", "l'enfer de Sclessin"; du fait de sa forme, du fait de ses couleurs -le rouge et le blanc, ce sont les divers surnoms aujourd'hui ce stade Maurice Dufrasne. Son ambiance, son style et sa mixité avec ses supporters venus de toute la Belgique, dont 30% de Flandre, incarnent l'identité de ce club âgé de 118 ans.
Son palmarès est l'un des plus impressionnants de Belgique. Le quatrième, plus précisément, derrière Anderlecht, Bruges et l'Union. Dix titres, sept Coupes. Mais le matricule 16, qui a sur le plan européen connu une finale de coupe des coupes contre Barcelone en 1982, se targue surtout d'avoir le plus grand stade de Belgique, derrière le Heysel, avec presque 28000 places et surtout près de 23000 abonnés. Le Standard, c'est aussi une école de jeunes, avec l'académie Robert-Louis Dreyfus qui compte 300 espoirs de tous âges, la relève est assurée. Cent filles y ont également leurs places, alors que l'équipe féminine a remporté 18 titres depuis la création du premier championnat féminin en 1975.
Bruno Venanzi a racheté le Standard en juin dernier à Roland Dûchatelet. En un an, le patron de Lampiris a imposé un autre style, notamment dans sa gestion. Tandis que son prédécesseur possédait cinq clubs et tendait à prendre les décisions seul, l'actuel président a constitué une équipe de cinq administrateurs dont fait partie l'ancien international belge Daniel Van Buyten. La concertation reste le maître mot du matricule liégeois qui s'est fixé, avec un budget annuel de 28 millions d'euros, l'objectif de retourner en Ligue des Champions d'ici deux ou trois saisons. Une compétition, que le club souhaiterait retrouver le plus tôt possible.
« Difficile d'arriver ici sans être supporter du club à la base ». Bob Claes insiste sur ce point, lui qui fait partie des 30% de néerlandophones supporters du Standard. Son plus ancien souvenir rouche remonte à l'âge de sept ans, « j'ai alors senti l'impact énorme de ce club sur la vie des gens. » Aujourd'hui, l'entrepreneur originaire de Saint-Trond en a 31 et est devenu le directeur général du Standard. Ce poste, qu'il l'occupe depuis juillet dernier, il l'a obtenu en gravissant les échelons.
Il fût d'abord repéré par Roland Dûchatelet après avoir travaillé sur un projet de consultance pour une spin-off de la KU Leuven. Ce double diplômé de l'université de Hasselt et de la Vlerick (business school) décrocha la place de directeur commercial du Standard, proposée par celui qui venait de devenir président, en 2011. Lorsque Roland Dûchatelet laisse la main à Bruno Venanzi, ce-dernier lui demande de le seconder. « Je connaissais Bruno depuis cinq ans, et j'étais très fier qu'il pense à moi pour cette place. »
Issu donc du monde de l'entrepreneuriat, de par ses études, Bob Claes finit par comprendre qu'un club de foot, ça ne se gérait pas comme une entreprise. « Il faut être rationnel, tout en tenant compte de l’irrationalité du football. Si tu ne comprends pas ça, tu ne peux pas faire un bon gestionnaire dans ce milieu. » Dans ce monde, par exemple, les supporters ont une place capitale. « Il faut être corrects vis-à-vis d'eux. Ici, plus qu'ailleurs, un supporter sera capable d'avaler une défaite...mais il aura fallu mouiller le maillot. La combativité, c'est une valeur incrustée dans notre culture de club, elle est d'ailleurs souvent un élément déterminant dans nos choix de transferts. »
Pour Bob Claes, c'est la gestion qui doit s'adapter au terrain et non l'inverse. « Le centre de tout, ce sont les résultats. Même si votre structure est bonne sur le long terme, le but c'est de gagner les matchs. C'est en cela que le plan de gestion diffère de celui d'une entreprise classique. Tout ce qui se passe derrière ; le sponsoring, les transferts, le merchandising, contribue à optimaliser ce qui se passe sur le terrain. »
2016