(Article paru dans La Libre le 20 février 2016)
Il est là, un peu perdu au milieu de la campagne, dans cette partie de la Belgique à la fois proche et lointaine des grandes villes du pays. L’t Kuijpje, c’est le lieu de pèlerinage du club de Westerlo. Assez traditionnel dans sa conception, ce stade permet l’installation de 8500 personnes, la plupart en places assises. Pas mal, pour une commune qui ne compte que 25000 habitants.
Seul représentant de la Campine du sud en Pro League, le club créé en 1933 a inscrit sa devise en jaune et bleu : « parel van de kampen ». Au fil des ans, le KVC a gravi les échelons, jusqu’à atteindre pour la première fois en 1997, la première division. Après avoir mis aux normes son stade, le KVC ne quittera le top que deux saisons sur ces 19 dernières années, de mi-2012 à mi-2014 ; et s'octroiera malgré tout le droit de jouer quatre fois dans les compétitions européennes.
Six personnes représentent le conseil exécutif, avec chacun une voie ; les décisions sont prises à la majorité dans un club qui souhaite représenter une partie de la Belgique éloignée de tout, et parfois oubliée. Mais grâce à son trophée remporté en 2001, qui a pris la forme d’une Coupe de Belgique, Westerlo a à jamais gravé ses lettres dans le marbre du football belge. Parole de Campinois.
A tout juste 70 ans, Herman Wijnants a désormais passé plus de la moitié de sa vie au service de Westerlo : 36 ans de comité. Il est devenu au fil du temps l’un des hommes forts de sa commune, se permettant même de mixer ses fonctions de président du club de football, avec la politique. Les années passent, les championnats sont toujours plus difficiles, mais son « petit » club tient encore bon. « On ne va pas se leurrer, commence d’emblée l’homme qui a débuté sa carrière professionnelle en reprenant le commerce de fromage et de vins de ses parents à l’âge de 20 ans. Au futur, dans la situation actuelle, le club de Westerlo ne pourra pas rester en division 1 (interview publiée le 20 février 2016). Nous n’avons que six millions de budget, dont la moitié provient des droits télévisés. Le fossé continue à se creuser entre le G5 et nous. Et je ne parle même pas des Courtrai, Lokeren et Ostende, qui bénéficie de l’appui de leurs investisseurs. Bref, il est de plus en plus dur de jouer dans la cour des grands. »
Mais le pensionnaire de l’exécutif de l’Union belge souhaite se montrer plus réaliste que défaitiste. « Bien sûr que je crois encore à notre maintien sur le court terme. Mais pour après, à cause de notre situation géographique, nous n’aurons que deux solutions : faire une fusion, ou trouver un riche investisseur. » Et pour cette première solution qu’il préférerait, il pense à des clubs comme Herentals, Geel ou le Lierse, qui sont à proximité. « Je suis ouvert à la construction d’un nouveau grand stade ailleurs qu’à Westerlo. Malheureusement, la rivalité entre les différents clubs régionaux nous paralyse, et diminue notre marge de manœuvre. »
Pourtant, à l’image de sa carrière politique, des rassemblements, ce membre de la N-VA en a connu. En 2012, il devient premier échevin de la commune de Westerlo. En 2014, ses 12000 voies lui permettent d’entrer au Parlement flamand. « Je suis arrivé dans ce parti par l’intermédiaire de Philippe Muyters. Mais après mon bon score aux régionales, j’ai reçu un coup de téléphone de Bart de Wever, qui m’a proposé un siège au Parlement flamand. C’était une bonne opportunité de gagner du poids pour les décisions sportives. »
Multifonctionnel, l’homme qui porte les casquettes de politicien et président de club, a initié le projet de la réforme du championnat... qu’il aimerait voir appliquée jusqu’au bout. A 12 et 12 équipes pour les deux divisions professionnelles.
2016