(Article paru dans La Libre le 13 février 2016)
Le vent souffle sur l’Albertparkstadion, un peu plus qu’ailleurs. Et pour cause, à quelques mètres de là, eau et sable s’entremêlent, confirmant le « voetbal aan zee » inscrit en dessous du logo du club local. Au pied du stade, les ouvriers s’attellent à leur tâche. Ici aussi, de nouveaux agencements verront bientôt le jour. Une grande tribune de 3800 places plus exactement, remplacera une partie des installations existantes, pour être conforme aux normes européennes qui demande des infrastructures pouvant accueillir 8200 personnes.
Le KVO se pare de vert, jaune et rouge qui rappelle la fusion de 1981 entre le VG et l'AS Ostende. Mais le véritable début de l’histoire des Côtiers, qui amena le club vers le professionnalisme, débuta il y a trois ans avec l’arrivée de Marc Coucke en tant que président. Troisième fortune belge, déjà supporter du VG et de l’AS voici 40 ans, l’entrepreneur a investi pour faire d’Ostende un des lieux incontournables de la division 1. Il a, pour ce faire, professionnalisé ses effectifs en s'entourant de personnes d'expérience comme Patrick Orlans, CEO du KVO et Luc Devroe, son directeur sportif.
Accompagné de Wim Vande Vijver comme administrateur financier, le comité désormais composé de quatre membres assure l’essentiel des activités sportives et extra-sportives du matricule qui emploie en temps plein 65 personnes. Le tout, pour un budget qui atteint 12,5 millions d’euros. Cet argent n’appartient pas à Marc Coucke, hormis les 300000 euros qu’il injecte grâce au sponsoring d’Etixx. Une conservation de fonds propres qui permet de balayer d'un revers de main l'idée que le KVO ne soit que l'unique fruit de l'argent d'un généreux mécène.
Le football, Patrick Orlans l’a reçu dans ses gènes. Fils de l’ancien Diable Rouge Richard Orlans, ce diplômé d’éducation physique a vite laissé tomber l’enseignement pour le ballon rond. Contraint d’arrêter sa carrière de footballeur prématurément à cause d’une blessure au genou, il fit ses armes de manager au Racing Club de Gand, en quatrième division, à partir de 1986.
Le haut niveau, il l’apprit en division 2 lorsque l’Eendracht Alost l’a débauché en 1991. « J’y suis resté neuf ans où j’ai un peu tout fait, confie Philippe Orlans. Quatre ans après mon arrivée, nous jouions le top 4 en division 1. D’ailleurs le Soulier d’or de Gilles de Bilde en 1994, je dois dire que j’y suis pour beaucoup. »
En 2000, il fut recruté par Roger Lambrecht, le président de Lokeren. « J’y ai vécu 10 bonnes années avant d’être attiré par le défi brugeois. » Mais son passage au Club de la Venise du Nord ne fut pas son meilleur souvenir. « Malgré des résultats réjouissants au niveau du budget qui est passé de 4,2 à 10,2 millions d'euros, je suis parti parce que je ne m’amusais pas. » C’est à ce moment-là qu’il fut approché par Marc Coucke. « J’ai accepté le défi qui sera probablement le dernier de ma carrière. Enfin, je dis ça mais j’en ai encore au moins pour dix ans », explique-t-il sur un ton humoristique.
Depuis 2013, le club a continuellement augmenté ses ambitions, même s’il doit rester réaliste. « A terme, nous envisageons de viser les playoffs 1 chaque année, mais on sait que ce ne sera pas toujours possible. » Pour rivaliser avec les plus grands, Ostende doit donc être créatif. « Avec notre budget, plus faible que d’autres, nous devons être plus malins. La différence dans le jeu entre le top et les autres en Belgique, n’est pas tellement importante et on peut donc parfois surprendre. On veut montrer qu’on garde des ambitions. » (interview publiée le 13 février 2016)
2016