(Article paru dans La Libre le 27 février 2016)
Si la ville de Charleroi est indissociable de sa sidérurgie, propre à la ville basse, elle l'est peut-être également de son Mambourg, situé dans la ville haute. Mais ce Stade du pays de Charleroi qui accueille déjà 14000 personnes, sera bientôt remplacé. A l’horizon 2019 pour être plus précis. Les nouvelles infrastructures seront prévues pour 16000 personnes.
L’enceinte actuelle, rénovée de temps à autre, en aura fait vibrer des cœurs carolos. De son affiliation en 1907 à aujourd'hui, le club aura, ces dernières années, connu deux cycles, l’avant et l’après Bayat. Période elle-même séparée en deux instants, l’avant et l’après Mehdi Bayat. En 2003, le neveu d’Abbas et frère de Mogi débarque à Charleroi. Dix ans plus tard, il prend les rênes d'un matricule 22 proche de la faillite avec des fonds propres dans le négatif de trois millions d’euros. Après une année passée en division 2 et un coût de 4,8 millions d’euros, le club remonte en division 1 et connaît une seconde vie. En 2015, il parvient à se qualifier pour les playoffs 1, le top 6 du championnat. Une sorte de renaissance après des années difficiles.
Car comme le disait le slogan présenté en 2011, « Carolo are back ». L’équipe de Mehdi Bayat a tenté de redorer son image devenue terne, notamment en engageant un homme de la région comme directeur sportif, Felice Mazzù. Pour revenir avec un budget positif, elle a opté pour le recrutement de joueurs prometteurs. Les transferts de Pollet, Kaya et Milicevic ont rapporté 3,5 millions d’euros et permis de remettre les comptes dans le positif. La première étape du retour carolo se termine, la suite arrive tout doucement. Bientôt, un centre d’entraînement pour les professionnels et élites, un nouveau terrain synthétique et le nouveau stade verront le jour. Pour ce dernier, ville et club se sont mis d’accord pour partager les lourds frais (le RCSC investira cinq millions d’euros). Avec ses nombreux travaux dans l'optique d'une reconstruction, la première ville de Wallonie en termes d'habitants espère bien elle aussi, « être de retour. » Tout un symbole.
Trente-sept, c'est l'âge de cet entrepreneur né à Téhéran. Mais le chiffre correspond également au nombre d’années qui nous sépare de la révolution iranienne de 1979 . Une date qui vu la famille Bayat s’expatrier vers la France, en tout cas, dans un premier temps. Voilà comment commence l’histoire de cet homme qui a étudié dans l'Hexagone, avant d'exercer plusieurs travaux dans la communication et de frapper à la porte du RCSC comme directeur commercial, dans un premier temps. Enrôlé par son oncle à ce poste en 2003, il restera caché longtemps dans l’ombre de l’homme devenu président du Sporting dès 2001, Abbas Bayat.
rachète le club avec Fabien Debeck. « On a repris un club malade et en conflit avec tout le monde », rappelle celui qui est désormais l’administrateur-délégué du club. « Au vu de mes origines familiales, je ne cache pas que cela a été difficile, notamment pour regagner la confiance des supporters. Mais je crois qu’aujourd’hui, avec la transparence que nous avons prônée depuis que je suis en place à ce poste, nous avons respecté nos engagements et nous sommes même en avance sur notre programme de gestion. »
Mehdi Bayat est à la fois juge et partie du futur de Charleroi, puisqu’il possède des actions du club. A 37 ans, il essaye de voir plus loin et continue sa politique du long terme. « J’ai beaucoup appris des erreurs de mon oncle, qui n’a désormais plus rien à voir avec le Sporting de Charleroi. Néanmoins, tout n'a pas non plus été mauvais, je pense à la belle période Mathijsen. Mais nous n’avons pas profité de ce qui est arrivé pour voir plus long. Cette fois, nous n’allons pas commettre la même erreur. »
Aujourd'hui (interview publiée le 27/02/2016), il se dit prêt à passer un cap. « Un étudiant met dix ans pour être médecin, j'ai pris dix ans pour devenir le dirigeant du club. Nous allons donc continuer à grandir, envisage-t-il. Entre Namur et Tournai, il n'y a plus de club actuellement qui joue au plus haut niveau. Mon souhait serait donc que le Sporting garde ses racines carolorégiennes mais devienne également un Sporting du Hainaut. »
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