(Article paru dans La Libre le 9 avril 2016)
Le KV Kortrijk ne s'est pas construit en un jour. Le premier club de football à avoir été créé dans la ville de Flandre occidentale nous fait remonter à 1901 et portait le nom français de Sporting Club Courtraisien. Après une fusion entre le KSK et le KKS, le KVK naquit en 1971. Pendant 40 ans, le club fera le yoyo entre les différentes divisions nationales. Mais à partir de 2008 et sa dernière montée en division 1, le matricule 19 sera enfin stabilisé...non sans avoir connu de moments difficiles.
En 2001, le club est déclaré en faillite. Jean-Marc De Grijse, fils de l'ancien président Arsène De Grise, rachète les parts auprès du curateur et devient actionnaire majoritaire. Malheureusement, début 2012, celui-ci décède et ses parts sont cédées à la famille qui finit par les revendre. En 2015, Vincent Tan, un milliardaire malaisien propose de racheter le club et devient le propriétaire. Aujourd'hui, il ne s'implique pas directement dans la gestion du club mais a délégué ses responsabilités à Ken Choo. Celui-ci a lui-même confié la présidence du club à l'avocat Joseph Alijns et une partie des reines managériales du club à Patrick Turcq.
Sportivement, le club de Courtrai n'a pas vraiment à rougir. Depuis la réforme du championnat en 2009, les Flandriens ont atteint trois fois les playoffs 1. Pas mal pour un club qui se présente comme « familial ».
(interview parue le 9 avril 2016 ; le manager-général de Courtrai est désormais actif à La Gantoise)
Certaines personnes naissent dans le football ; d'autres y arrivent par des concours de circonstance. C'est le cas de Patrick Turcq. Ce Courtraisien de 57 ans développa une grande partie de sa carrière professionnelle dans le domaine des préfabriqués.
« J'ai travaillé 16 ans sur le marché français et six sur le marché global », explique-t-il dans un français parfait. C'est par l'intermédiaire de son ami, l'ancien président Jean-Marc De Grijse qu'il a commencé à vraiment s'impliquer dans la gestion du club. « J'étais déjà dans le Conseil d'administration. Jean-Marc m'a convaincu d'accepter le poste de manager général du KV, ce que j'ai fini par accepter. »
Ses débuts à Courtrai sont prometteurs alors que le club est descendu jusqu'en division 3 à l'issue de la faillite de 2001, et remonté depuis lors en division 2. A l'issue de sa deuxième saison comme dirigeant du matricule 19, il vécut le titre de champion avec Hein Vanhaezebrouck qui permit de revenir en division 1 (que Courtrai n'avait plus connu depuis 1999). Aujourd'hui, il entame sa dixième année, et les choses ont évolué. « Au début, nous n'étions qu'à trois pour gérer tout le club ; maintenant, je dirige une équipe de dix personnes. Nous ne sommes plus des amateurs. »
Malgré son évolution, le KV a maintenu une direction familiale.
« Mon bureau est toujours ouvert à tout le monde. Si un joueur souhaite parler d'un quelconque sujet, il fait 50 mètres et on en discute directement, sans passer par des intermédiaires. »
Depuis le rachat du KV Courtrai par Vincent Tan, Patrick Turcq occupe la fonction de manager sportif, tout en possédant quelques charges commerciales.
« La personne qui me lie à monsieur Tan est le nouveau CEO Ken Choo, qui réside à Cardiff où se trouve l'autre club de notre propriétaire, Cardiff City. Il fait quelques sauts de temps en temps. Mais s'il ne vient pas plus souvent, je me dis surtout que c'est parce que tout va bien à Courtrai. »
Pourtant, Patrick Turcq tire une sonnette d'alarme prémonitoire et espère être entendu par le Malaisien. « On constate que beaucoup de clubs de division 1 misent sur le long terme. Nous devons nous inscrire aussi dans cette politique, et pour cela, il nous faut aménager un nouveau stade. Cela permettrait d'attirer de nouveaux investisseurs et de générer davantage d'argent. Si on ne bouge pas maintenant, un jour nous en payerons les conséquences. »
2016