On va faire quoi à la ferme ? C’est une ferme pédagogique, donc on va apprendre, c’est certain”, lance Elise, tout sourire. Cette élève de l’Institut Saint-Marie de Jambes est enthousiaste à l’idée d’embarquer, avec ses camarades de classe, dans cette camionnette qui doit démarrer de Thiès, non loin de Dakar.
Direction Toubacouta, dans le sud du Sénégal. Plus précisément la ferme pédagogique de Ndoumboudj. Au sein du groupe d’une quinzaine de jeunes, l’excitation est à son comble. Rien ne semble gâcher le plaisir d’un tel voyage. Pas même la perspective de rouler plusieurs heures sous une chaleur écrasante. “On ne va pas se plaindre parce qu’il fait chaud, surtout qu’on sait qu’en Belgique, il pleut. Tout ce qu’on vit, ça fait partie de l’expérience du voyage”, renchérit Basile, également élève de l’établissement scolaire namurois.
Petits problèmes de plantation
Cinq heures, une pause pipi et un arrêt casse-croûte plus tard, nous voilà dans cette fameuse ferme. Accueillis en chanson par François, Joël, Ansou et d’autres jeunes Sénégalais, les écoliers Belges se mêlent aux festivités.
L’après-midi est consacrée aux présentations puis à la répartition des tâches. Parmi les activités prévues : récolte de fruits et légumes et travail dans les plantations. Un arbre attire l’attention du groupe. Il s’agit d’un cocotier qui, malgré un suivi méticuleux de la part des jeunes présents à la ferme, poussait péniblement. Jusqu’au jour où plusieurs techniques ont été expérimentées.
Avec succès puisque le cocotier, qui avait des allures de buisson, mesure près de deux mètres. “C’est grâce à l’électroculture”, souffle Moussa, jeune bio agriculteur de la région et stagiaire à la ferme. L’apport des coquillages
L’electroculture est une pratique qui permet de stimuler la croissance des plantes grâce aux champs électriques. Comment ? En injectant directement des courants électriques dans les racines. À la ferme pédagogique de Ndoumboudj, on était un peu sceptique au départ. Mais les essais ont été concluants. “Ce qui a fonctionné, c’est d’entourer ce petit cocotier de coquillages. Ils captent l’énergie solaire qui se répartit ensuite sur les racines et permet à l’arbre de se développer”, poursuit Moussa, sous le regard émerveillé des jeunes de l’Institut Sainte-Marie de Jambes.
“On pensait que c’était des coquilles abandonnées par accident. C’est trop génial de découvrir ce que la nature permet de faire, glisse Elise. Et je vous avais bien dit qu’on allait apprendre. Le voyage ne fait que débuter. Mais rien qu’en découvrant l’électroculture, on se dit que tout le voyage va être top.”

