Athénée Royal d'Eupen

Par Maude Destray

Un échange précieux  entre générations

Move with Africa, ce sont aussi  des actions sociales, menées  en Belgique. À la rencontre de l’autre.

Avant de voyager loin, il faut parfois commencer par regarder tout près. C’est dans cet esprit que le groupe de filles de la section sociale de l’Athénée royal d’Eupen participant à Move with Africa s’est engagé dans une après-midi de partage et de dialogue avec des résidents de la maison de retraite Klösterchen, dans le centre-ville. Un moment suspendu, entre souvenirs d’hier et regards sur demain.

Dans le cadre de ce projet interculturel, ces douze élèves avaient été invitées à proposer des actions concrètes à mener localement. Parmi les idées : aider à la Croix-Rouge, visiter un foyer pour enfants… ou partager un moment avec des personnes âgées. C’est cette dernière proposition qui a été retenue. Un choix porteur de sens.

Ce mercredi-là, un mois avant le grand départ tant attendu, armés de jeux de société, d’énigmes, de quiz et surtout de leur plus beau sourire, les élèves franchissent les portes du Klösterchen. L’accueil est chaleureux, l’ambiance détendue. Très vite, les conversations s’installent. On joue, on rit, on écoute. Certains se laissent rapidement emporter par une partie animée de cartes, d’autres entament une discussion avec un résident curieux de savoir ce que ces jeunes comptent faire après leurs études. Très vite, les récits affluent. Les résidents parlent de leur jeunesse, de la guerre, de la vie “d’avant” – parfois rude, souvent pleine de résilience. Ces témoignages, empreints de sagesse, bouleversent plus d’une élève.

Une leçon d’humanité et de sagesse Ce qui devait être un simple après-midi d’échange devient une leçon d’humanité. Certains résidents se livrent au fil des échanges. Les jeunes écoutent, curieux, souvent touchés par la proximité que crée cette parole offerte. Les générations se rencontrent, se reconnaissent parfois. Au détour d’une question, d’un rire, d’un regard. L’une parle de ses petits-enfants, l’autre des études qu’elle rêve de poursuivre. Un lien se tisse. Ce moment de partage n’est qu’une étape parmi d’autres dans le cadre du projet Move with Africa. Mais elle en dit long sur l’engagement de ces jeunes. Car avant même de prendre l’avion, il s’agissait de se préparer. De comprendre ce que signifie la solidarité. De la vivre. D’apprendre à s’ouvrir à l’autre, quel qu’il soit, où qu’il vive.

Et c’est là que réside le cœur du projet : dans cette capacité à tisser des liens durables, à aller à la rencontre, à apprendre de ceux qui vivent et expérimentent une autre réalité. “À la maison de retraite on a pu s’exercer à parler avec des personnes qu’on ne connaissait pas et à communiquer même si l’autre personne ne nous comprenait pas tout à fait”, explique Tessa. “Ça nous a aussi appris à créer du lien malgré les différences d’âge ou de culture. Et ça m’a préparée à aller vers les autres avec bienveillance et ouverture avant le voyage”, complète Nele.

Lorsque l’après-midi touche à sa fin, les adieux sont sincères. Des promesses de retour sont faites. Bientôt, ces filles vivront une nouvelle expérience inoubliable, à des centaines de kilomètres de chez elles.