Quand Liège rencontre le Bénin

Par Ennio Cameriere

“Mince, j’ai perdu mon billet d’avion ! … Ah non, ouf, il est dans mon sac.” Les douze jeunes de l’école Liège Atlas ont quitté les bancs de l’école pour une aventure béninoise

Il est 5h du matin, le réveil sonne : c’est l’heure de prendre la route pour les élèves de Liège Atlas. Direction Parakou, au nord du Bénin. Six heures de trajet les attendent dans un bus déjà bien rempli, sur des routes sinueuses. Là-bas, ils sont attendus par les partenaires locaux de l’ONG Via Don Bosco. Mais pour une partie du groupe, se lever à l’aube, c’est presque une habitude. Ce n’est qu’après ce long voyage que leur véritable périple commence.

Quelques jours plus tard, le groupe va bien et s’est déjà bien acclimaté à la culture locale.” Dormir avec des moustiquaires, je trouve ça quand même drôle, ahah” ! La musique résonne à fond, l’ambiance est bonne, et tout le monde rigole  “C’est quoi cette circulation de fou ? Je pourrais jamais rouler ici, moi !” , crie Gabriel, en haussant la voix par-dessus le chaos de la route. C’est le moment de rencontrer son binôme Pour certains, les premières impressions se sont faites sentir, une tape sur l’épaule, quelques rires échangés… comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Matheo, avec son chapeau fétiche vissé sur la tête, n’en revient pas “J’ai été surpris par l’accueil : là-bas, les liens se tissent tout de suite, on partage tout, on rit ensemble.”

S’unir pour mieux se comprendre

Une fois tout le monde bien badigeonné d’anti-moustique, place à la soirée de présentation. Chacun partage une vidéo de son quotidien en Belgique, destinée aux familles béninoises et inversement. Le but? Connaitre le quotidien de chacun. “On a remarqué que, quand on montrait nos vidéos, ils étaient un peu choqués… Ils se demandaient pourquoi on n’était presque jamais avec nos parents, ahah”, chuchotent les élèves entre eux. “C’est parce qu’ici, en Afrique, la famille nucléaire n’est pas la norme”, précise Ami, coordinatrice du projet. “Chez beaucoup, les foyers rassemblent plusieurs générations sous le même toit. Le choc culturel est discret, mais bien réel,” rajoute-t-elle.

Pendant le tournoi de handball à Parakou, Louis qui joue en club en Belgique a eu la surprise de se faire inviter à rejoindre le match déjà en cours. “C’était complètement fou qu’ils me proposent ça”, sourit-il. Une expérience inattendue, qui l’a tellement marqué qu’il a gardé contact avec plusieurs joueurs… de l’équipe nationale du Bénin.

“Après ça, il sera peut-être transféré pour jouer ici” rigole un de ses camarades. Pour certains, c’est enfin le moment qu’ils attendaient avec impatience. Et pour cause : la majorité du groupe suit l’option Défense, et rien de tel que la visite de la caserne des pompiers de la ville. Et là encore, ça fait tilt. “Ils manquent vraiment de matériel. Parfois, ils partent en intervention avec leur propre voiture”, raconte Gabriel, un brin interloqué. Et pourtant, malgré toutes ces différences, il y a quelques trucs qui les rapprochent vraiment. “Ils ont les mêmes fringues que nous pour les interventions”, rigole un élève. “C’est vraiment l’activité que certains attendaient le plus”, explique Alexandre, le prof de sciences de nos compatriotes.

Alors que les derniers rayons du soleil caressent les rues de Parakou, on peut entendre les conversations se mêler. C’est là qu’on écoute Mathéo, hyper investi depuis le début du séjour : “Franchement, ce projet Move With Africa, faut pas hésiter, faut juste y aller à fond , j’aurai pas pu rêver mieux , j’ai pas les mots”, balance-t-il sans filtre.  “J’aimerais qu’on organise la même chose en Belgique”, rétorque Ryan, son homologue béninois, aujourd’hui devenu un ami. “ Il faut que des projets comme ça continuent, c’est l’occasion de découvrir des choses qu’on n’aurait peut-être jamais la chance de voir”, ajoutera Ebenezer. “J’espère qu’un jour, j’aurai l’occasion de vous montrer notre culture, nos bonnes frites et nos paysages, les gars… ” conclura Matheo Le pari est lancé pour nos Belges.