Ségolène Martin

Cofondatrice et CEO de Kantify


Française d’origine, Ségolène Martin débarque en Belgique en 2005 pour s’y installer et commencer sa carrière en tant que responsable de la mise en place de projets européens dans le domaine de la recherche et l’innovation. Ambitieuse et curieuse de nature, elle crée le premier réseau européen en technologie de l’information et de la communication.

Alors qu’elle est diplômée en sciences politiques, rien ne la destinait à monter son propre business. C’est après avoir épaulé de nombreux acteurs dans le domaine de l’innovation qu’elle s’interroge sur son propre avenir et sa capacité à créer son propre projet.

En 2016, après un master en gestion d’entreprise à Solvay, elle met sur pied une plateforme dédiée à l’économie collaborative, Meetsies. “À l’époque, c’était un peu l’Airbnb des repas, mais la concurrence était énorme.” La solution de Meetsies repose alors déjà sur l’intelligence artificielle (IA) et Ségolène voit déjà plus loin. Elle prend conscience du potentiel de l’IA et de l’impact qu’elle peut avoir sur l’économie.

J’ai vite compris que cela permettrait aux entreprises de gagner en compétitivité, en étant plus performantes ou en développant de nouveaux services.” C’est comme ça que naît l’entreprise dont elle est actuellement CEO, Kantify. Cette start-up bruxelloise développe des logiciels basés sur des algorithmes pour les entreprises. Cela lui vaudra le Trophée Montaigne, dans la catégorie Entreprise, qui récompense les Français actifs en Belgique.

Elle admet ne pas croiser beaucoup de femmes dans le secteur de l’IA et “encore moins à de hautes fonctions.” Mais qu’importe, elle a l’habitude d’évoluer dans un monde masculin et voit même sa féminité comme un avantage. “Dans le domaine de l’intelligence artificielle, on cherche à innover constamment et, comme femme, j’ai un point de vue différent des autres. Donc, quelque part, j’innove de cette manière.

Convaincue que les femmes ont leur place dans l’entrepreneuriat, elle conseille à toutes celles qui veulent se lancer de “bien s’entourer et d’écouter les critiques avant de les trier, mais, avant toute chose, de ne se mettre aucune limite et ne jamais s’arrêter à une porte fermée.

Aujourd’hui, elle n’échangerait sa place pour rien au monde car l’entrepreneuriat, c’est, selon elle, “l’occasion de développer un projet qui nous ressemble, en accord avec les valeurs humaines qu’on véhicule.

Et sans perdre sa liberté.

Camille Delannois




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