Amandine Coutant

Cofondatrice et COO de Myskillcamp


Si vous devez avoir un entretien avec Amandine Coutant, prévoyez à temps de décrocher une fenêtre dans son agenda ultra-serré, puis prenez un enregistreur : impossible de prendre note, tant son débit est rapide. Mais ce que dit cette jeune femme, cofondatrice de la start-up Myskillcamp qui propose aux entreprises ou aux organisations des solutions de formation en ligne, vaut le détour.

D’où lui est venue cette envie de lancer une start-up, connaissant la complexité d’une telle aventure ? Dotée d’une formation, en France, dans le secteur de l’immobilier, et après y avoir travaillé, Amandine explique avoir ressenti l’envie de faire autre chose… “J’ai toujours eu envie, déjà quand j’étais petite, de gérer des projets, des équipes, de diriger. Mais j’avais peur de me lancer, de ne pas avoir les reins assez solides. J’ai eu la chance de rencontrer Kevin, mon mari. On est sorti de fac’en même temps; lui, prof d’anglais, très branché sur les nouvelles technologies, et moi avec mon BTS immobilier et l’envie de gérer. On a lancé Myskillcamp en 2016.

Quid de la répartition des rôles ? “On a veillé à bien séparer les fonctions. J’ai assez rapidement laissé tomber le côté vente, là où Kevin, CEO, est plus à l’aise avec ses capacités pédagogiques. J’ai pris assez naturellement le titre de COO (Chief Operating Officer) qui répond à mes compétences en matière de création, de structuration, de stratégie et d’écoute des personnes. Le titre de CEO a plus d’attrait chez les hommes. C’est une des caractéristiques du monde des start-up, et c’est une des explications de la moindre présence des femmes. Et une femme doit aussi en faire un peu plus, défendre son poste, mais ça me motive.

En faire plus dans une ambiance de croissance constante, ça veut dire quoi ? “COO, c’est un statut hybride, on passe son temps à résoudre un tas de problèmes, il faut entendre les gens pour les comprendre et les faire évoluer. J’adore ça. Je suis très speedée, dynamique. Je n’arrête pas de travailler tant que je ne suis pas arrivée au bout de ma “to-do-list”. En fait, je dors bien, mais seulement après avoir terminé tout ce que je devais faire.

L’ambiance start-up, ce n’est pas “too much” ? “Non, en fait, je n’aimais pas le terme auparavant mais, maintenant, je l’aime. Il y a une belle dynamique. On vient d’engager 6 personnes, ce qui en fait 24 au total. Et on devrait boucler une levée de fonds de série A dans les semaines qui viennent. C’est stratégique, très stressant, mais on sent cette croissance. Cela demande une organisation précise. Et pour ménager du temps avec ma fille de 3 ans, j’ai un deuxième agenda aussi serré. Là, on a une série de déplacements prévus à l’étranger. Il faut gérer mais j’aime ça.

P.V.C.




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