- Les mines, une menace durable pour les civils -

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01 - Témoignages

Les mines,
une menace durable pour les civils

« J’ai regardé ma jambe : ma botte, mes orteils et la peau avaient disparu »

De Kherson à Kharkiv, Olena, Sergii ou Zahar tentent de reconstruire leur vie après les blessures causées par les mines antipersonnel. Leur histoire illustre l’empreinte durable des engins explosifs sur le quotidien des Ukrainiens.

Olena part de son lieu de travail, une école transformée en centre administratif pour les réfugiés de Sadove et entourée de blocs de béton pour se protéger des éclats d’obus en cas de bombardement.

Olena part de son lieu de travail, une école transformée en centre administratif pour les réfugiés de Sadove et entourée de blocs de béton pour se protéger des éclats d’obus en cas de bombardement.

Dans une école de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, Olena, 46 ans, est assise à son bureau dans une salle de classe où les pupitres ont été remplacés par des boîtes d’aide humanitaire. La quadragénaire donne ses directives à sa secrétaire qui s’apprête à partir. À côté d’elle, des béquilles qu’elle saisit pour aller saluer son personnel en cette fin d’après-midi.

En novembre 2024, Olena a sauté sur une mine antipersonnel PFM-1, dite “mine pétale”, qui lui a instantanément arraché le pied droit. Cheffe de l’administration du district de Sadove, elle raconte : “J’étais au bureau quand des ouvriers municipaux ont été attaqués par un drone russe alors qu’ils réparaient des canalisations. Ils avaient besoin d’aide immédiatement. Les ambulances ne fonctionnaient déjà plus dans le village. Je suis partie à leur secours avec deux hommes. À notre arrivée, un autre drone a commencé à nous viser pendant que nous cherchions une brouette pour évacuer le blessé. En me réfugiant sous un arbre, j’ai entendu une explosion. J’ai regardé ma jambe : ma botte, mes orteils et la peau avaient disparu.”

Ces mines pétales connues sous le nom de PFM-1 ou « Lepistok » explosent sous un poids de plus de 5 kg et arrachent très souvent le pied ou une partie du pied de la victime.

Ces mines pétales connues sous le nom de PFM-1 ou « Lepistok » explosent sous un poids de plus de 5 kg et arrachent très souvent le pied ou une partie du pied de la victime.

Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, 389 civils, dont 21 enfants, ont été tués par des mines ou des munitions non explosées en Ukraine, et 1 012 ont été blessés, dont 123 enfants, selon le IMSMA (Système de gestion de l’information pour l’action antimines). La majorité des victimes sont touchées par ces mines pétales de couleur verte, à peine plus grandes qu’un paquet de cigarettes et qui explosent sous un poids de plus de 5 kg.

Olena rentre chez elle, à Kherson, où elle vit depuis qu'elle a été blessée par une mine dans le village de Sadove, le 20 octobre 2025.

Olena rentre chez elle, à Kherson, où elle vit depuis qu'elle a été blessée par une mine dans le village de Sadove, le 20 octobre 2025.

Olena rentre chez elle après une journée de travail, le 4 août 2025. Son appartement est au troisième étage et monter les escaliers l’épuise.

Olena rentre chez elle après une journée de travail, le 4 août 2025. Son appartement est au troisième étage et monter les escaliers l’épuise.

Quand j’ai vu ce qu’il restait de ma jambe, tout est devenu confus. Ma première pensée a été : comment vais-je vivre ?

Olena, 46 ans, victime d'une mine à Sadove.

- Comment vivre normalement ? -

- Comment vivre normalement ? -

Comment vivre normalement ?

Olena se rend au magasin en bas de chez elle, le 4 août 2025 à Kherson, où elle vit depuis qu’elle a été blessée par une mine à Sadove et évacuée.

Après l’explosion, des ouvriers communaux ont évacué Olena vers l’hôpital de Kherson, tandis que leurs collègues blessés ont finalement été secourus par une unité de police. “Quand j’ai vu ce qu’il restait de ma jambe, tout est devenu confus. Ma première pensée a été : comment vais-je vivre ? Comment vais-je travailler ?”

Son fils de 18 ans vit en Allemagne avec sa grand-mère. Olena, mère célibataire, redoutait de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins. Après un mois d’hospitalisation et six mois de rééducation à domicile, elle a pu reprendre son travail à distance, incapable de retourner vivre à Sadove. “Je vis maintenant à Kherson, dans l’appartement d’une amie partie à l’étranger. C’est à cinq minutes à pied de l’école où se trouve le hub humanitaire pour les réfugiés de Sadove, où je travaille”, explique-t-elle en regagnant son immeuble, appuyée sur ses béquilles.

Olena est sur son téléphone dans le salon de l’appartement qu’elle loue à une amie partie à l’étranger, le 4 août 2025 à Kherson.

Olena est sur son téléphone dans le salon de l’appartement qu’elle loue à une amie partie à l’étranger, le 4 août 2025 à Kherson.

Dans le quartier de Dniprovskyi, où vit Olena, les bâtiments affichent le résultat de bombardements russes fréquents dans cette zone du sud de Kherson. Avant de monter les trois étages jusqu’à son appartement, elle s’arrête au petit magasin au pied de l’immeuble. “Le quotidien est devenu un défi. Je ne peux porter que ce qui tient dans un sac à dos. Monter les escaliers m’épuise. J’aimerais voyager, aller voir mon fils. Mais comment ?”

Dans son appartement, elle retire sa chaussure et montre son moignon encore sensible. Dès son hospitalisation, Olena a entrepris les démarches pour obtenir une prothèse financée par un programme d’aide de l’État. Trois mois plus tard, elle l'a reçue mais elle est difficile à supporter. “Elle me fait trop mal pour marcher. Mais une fois ajustée, j’irai voir mon fils. C’est devenu mon rêve le plus cher.”

Volodya, un prothésiste, aide Olena à adapter sa prothèse à son moignon au centre et d’orthopédie Alfa Bionic, à Mykolaïv, le 17 novembre 2025.

Volodya, un prothésiste, aide Olena à adapter sa prothèse à son moignon au centre et d’orthopédie Alfa Bionic, à Mykolaïv, le 17 novembre 2025.

Depuis son salon, elle poursuit son travail administratif. Elle coordonne l’aide pour les habitants restés à Sadove et accompagne les déplacés dans leurs démarches. “Il ne reste plus que quatorze personnes dans le village, contre plus de six cents avant l’invasion. Après moi, il y a eu d’autres blessés, principalement à cause de drones. Depuis deux mois, le corps d’un homme tué par l’un d’eux gît dans une rue. Les Russes ont semé des mines pétales tout autour. Sans déminage, personne ne peut s’en approcher”, déplore-t-elle.

Olena se prépare à manger dans son appartement de Kherson, le 20 octobre 2025. Elle ne mange qu’une fois par jour, de peur de prendre des kilos et de mettre trop de poids sur son pied amputé.

Olena se prépare à manger dans son appartement de Kherson, le 20 octobre 2025. Elle ne mange qu’une fois par jour, de peur de prendre des kilos et de mettre trop de poids sur son pied amputé.

- Du produit chimique qui brûle -

- Du produit chimique qui brûle -

Du produit chimique qui brûle

Sergii, 58 ans, travaille la terre dans son potager, le 8 mai 2025. Il a été blessé par l’explosion d’une mine PFM-1 à l’entrée de la ville d’Izioum, et une partie de son pied a dû être amputée.

Plus au nord, le village de Kamianka, dans la région de Kharkiv, a connu l’occupation russe, les bombardements et la destruction quasi totale de ses habitations. Sur les chemins, des piquets rouges et blancs signalent les zones minées. Au milieu des ruines, 86 habitants ont choisi de revenir après la libération, sur les 1 200 avant l’invasion. Derrière l’une des rares maisons habitées, Sergii, 68 ans, travaille dans son potager. Il s’assied à l’ombre pour masser le moignon de son pied gauche. “En février 2023, un ami m’a appelé près d'Izioum pour l’aider à manœuvrer une grue. En l’attachant à son camion, j’ai marché sur une mine pétale. C’était sur une route fréquentée. Je ne m’y attendais vraiment pas.”

J’ai cru que ma vie allait basculer. Puis j’ai compris que je pouvais m’adapter.

Sergii, 68 ans, victime d'une mine à Izioum

Revenus vivre à Kamianka après la libération du village, lui et sa femme Paulina ont transformé leur ancienne étable en habitation, leur maison ayant été complètement détruite par les combats. Ils vivent aujourd’hui dans une pièce unique entourée de leurs champs et de quelques animaux. Après trois mois d’hospitalisation, Sergii a reçu une prothèse, mais il la supporte mal. “Ma peau est très sensible. Dans les mines pétales, il y a un produit chimique qui brûle la peau lors de l’explosion. Ce sont ces brûlures qui guérissent le plus difficilement. Des fragments de plastique sont encore dans mon pied. Je n’ai plus mal, mais je ressens souvent des fourmillements dans la jambe.”

Avant de reprendre le travail, il montre son tracteur, dont il a modifié la pédale pour l’adapter à la perte d’une partie de son pied. “Les premiers mois après l’accident, j’étais au plus mal. J’étais toujours occupé par ma ferme et j’ai cru que ma vie allait basculer. Puis j’ai compris que je pouvais m’adapter.”

Paulina, 60 ans, la femme de Sergii, emballe des morceaux de pizza dans sa petite cuisine improvisée depuis que sa maison a été détruite au début de la guerre, le 16 janvier 2026.

Paulina, 60 ans, la femme de Sergii, emballe des morceaux de pizza dans sa petite cuisine improvisée depuis que sa maison a été détruite au début de la guerre, le 16 janvier 2026.

À Kamianka, plus de dix habitants ont été blessés par des mines PFM-1, disséminées lorsque le village constituait une ligne de front. Juste après la libération, faute de démineurs, certains habitants ont tenté de neutraliser eux-mêmes les engins explosifs, impatients de travailler leurs terres. “On creusait un trou, on ramassait les PFM-1 à la pelle, on les déposait dedans et on y mettait le feu, puis on courait se mettre à l’abri”, raconte Sergii.

Ces mines antipersonnel sont interdites par le traité d’Ottawa (Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction) qui n’a jamais été signé par la Russie et dont l’Ukraine – tout comme la Finlande, la Lettonie, l’Estonie, la Lituanie – s’est retirée en 2025. La Pologne a fait de même dernièrement, au mois de février 2026. Toutefois, même un État non signataire reste lié par le droit international humanitaire : l’emploi de mines pétales en zone civile, en raison de leurs effets indiscriminés, peut constituer un crime de guerre et violer les Conventions de Genève lorsqu’il expose de manière prévisible des civils au danger.

Le témoignage de Tatiana et Vasyl, un couple de fermiers qui ont tous les deux marché sur des mines antipersonnel PFM-1.
Durée : 04:19
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Sergii et son petit-fils de 13 ans, Bogdan, regardent s'il y a des poissons dans le ruisseau qui traverse le potager de Sergii et Paulina, le 25 septembre 2025.

Sergii et son petit-fils de 13 ans, Bogdan, regardent s'il y a des poissons dans le ruisseau qui traverse le potager de Sergii et Paulina, le 25 septembre 2025.

Sergii, accompagné de  Bogdan, vérifie si le moteur de son tracteur fonctionne encore, le 25 septembre 2025.

Sergii, accompagné de Bogdan, vérifie si le moteur de son tracteur fonctionne encore, le 25 septembre 2025.

Sergii a modifié la pédale de son tracteur pour faciliter sa conduite avec son pied amputé, le 25 septembre 2025.

Sergii a modifié la pédale de son tracteur pour faciliter sa conduite avec son pied amputé, le 25 septembre 2025.

- Le traumatisme de Zahar -

- Le traumatisme de Zahar -

Le traumatisme de Zahar

Zahar est sorti de l’hôpital depuis une semaine et jette un œil à sa canne à pêche, le 28 octobre 2025. Il peut maintenant marcher et se déplacer seul.

Les enfants ne sont malheureusement pas épargnés. Dans un hôpital de Kharkiv, Zahar, 11 ans, joue sur son téléphone, allongé dans son lit, bandages aux jambes et bras. Sa mère, Natalia, l’observe en silence. Le 8 septembre 2025, un objet cylindrique manipulé par un ami a explosé près de lui dans une carrière de son village, Zeleni Hai, dans la région de Kharkiv. Le garçon, absorbé par son jeu vidéo, ne souhaite pas commenter. “Je ne me souviens de rien”, dit-il simplement.

Zahar et son camarade ont été transportés à l’hôpital. Lui souffrait de brûlures et d’éclats d’obus dans les jambes et les bras ; son ami a été blessé au visage et aux bras. “J’ai eu très peur en voyant ses blessures. J’ai pensé qu’il ne remarcherait peut-être jamais”, confie Natalia. Mais, après un mois d’hospitalisation, Zahar a commencé à cicatriser et parvient déjà à faire quelques pas dans sa chambre.

Des volontaires sont venus apporter des béquilles à Zahar, le 8 octobre 2025. Depuis son accident, Zahar et Natalia reçoivent de l’aide matérielle et psychologique de l’organisation IRC (International Rescue Comitee) en partenariat avec l’Unicef.

Des volontaires sont venus apporter des béquilles à Zahar, le 8 octobre 2025. Depuis son accident, Zahar et Natalia reçoivent de l’aide matérielle et psychologique de l’organisation IRC (International Rescue Comitee) en partenariat avec l’Unicef.

Natalia achète à manger à la cafétéria de l’hôpital, n’aimant pas trop les repas qui sont servis en chambre, le 2 octobre 2025.

Natalia achète à manger à la cafétéria de l’hôpital, n’aimant pas trop les repas qui sont servis en chambre, le 2 octobre 2025.

Mère célibataire sans emploi, Natalia bénéficie d’un soutien financier de l’International Rescue Committee en coordination avec l’Unicef. En octobre, elle a appris que leur village était désormais soumis à une évacuation obligatoire des enfants, le front de Koupiansk se rapprochant. “Je ne sais pas encore où nous irons lorsque Zahar pourra sortir de l’hôpital”, disait-elle, désemparée, en discutant avec Alina, une pédo-psychologue de l’IRC, venue leur rendre visite. Quelques jours auparavant, Zahar avait fait une crise de panique après avoir entendu une explosion en ville. “Il est timide, parle peu et reste profondément marqué par ce qu’il a vécu. Il lui faudra du temps et du soutien pour s’en remettre”, estime la psychologue.

Quelques semaines plus tard, Zahar est sorti de l’hôpital. Il s’est installé dans le nord de Kharkiv, avec sa mère, sa tante et ses cousines. Il a repris les cours en ligne et marche désormais à l’aide de béquilles. Assis dans sa chambre, il trie des appâts de pêche en plastique. “Quand le beau temps reviendra, j’irai pêcher !”, lance-t-il.

Natalia et Zahar posent dans la chambre à coucher de leur appartement à Kharkiv. Zahar est sorti de l’hôpital depuis une semaine et peut maintenant marcher avec des béquilles et se déplacer seul, le 8 octobre 2025.

Natalia et Zahar posent dans la chambre à coucher de leur appartement à Kharkiv. Zahar est sorti de l’hôpital depuis une semaine et peut maintenant marcher avec des béquilles et se déplacer seul, le 8 octobre 2025.

- L’éducation aux risques liés aux munitions explosives -

- L’éducation aux risques liés aux munitions explosives -

L’éducation aux risques liés
aux munitions explosives

Un membre de l’équipe EORE (Éducation aux risques liés aux munitions explosives) demande à des élèves de primaire du lyceum 5 d’Izioum où se trouvent des mines ou munitions non explosées sur une image, le 29 octobre 2025.

Pour prévenir de tels accidents, de nombreuses organisations de déminage organisent des sessions d’“éducation aux risques liés aux munitions explosives” (EORE) pour les enfants comme pour les adultes. Dans une école d’Izioum, des membres de la Fondation suisse de déminage (FSD) préparent une séance dans une salle souterraine où des panneaux présentent différents types de mines et de munitions non explosées.

Plus tard, je veux être comme papa, protéger les gens et enlever les mines pour que plus personne ne soit tué.

Andrii, 8 ans, après une séance d'éducation aux risques posés par les mines

Des élèves de primaire du lyceum 5 d’Izioum regardent un dessin animé sur le danger des mines lors d’une session d’EORE de la FSD, le 29 octobre 2025.

Des élèves de primaire du lyceum 5 d’Izioum regardent un dessin animé sur le danger des mines lors d’une session d’EORE de la FSD, le 29 octobre 2025.

“Nous essayons de rendre ces sessions aussi interactives que possible pour capter l’attention des enfants. C’est essentiel pour qu’ils sachent réagir s’ils se retrouvent face à un engin explosif”, explique Vlada, membre de l’équipe d'EORE. Malgré les vacances d’automne, une vingtaine d’enfants de 10 à 12 ans prennent place dans la classe. Ils écoutent attentivement. L’équipe explique comment reconnaître les dangers, quoi faire en cas de découverte et quels lieux éviter. À l’issue des 45 minutes de session, Luda, 12 ans, se dit satisfaite : “J’avais déjà participé à des sessions sur les mines mais, aujourd’hui, j’ai appris à reconnaître des munitions non explosées que je ne connaissais pas et quels numéros d’urgence appeler”. Bien que la session ne soit pas obligatoire pendant les vacances, elle et ses amis ont tenu à venir.

Ruslan, membre de l’équipe EORE (Éducation aux risques liés aux munitions explosives), explique le fonctionnement et les dangers liés aux mines PFM-1 (mines pétales) lors d’une session donnée à des élèves de 1re année secondaire du lyceum 3 d’Izioum, le 29 octobre 2025.

Ruslan, membre de l’équipe EORE (Éducation aux risques liés aux munitions explosives), explique le fonctionnement et les dangers liés aux mines PFM-1 (mines pétales) lors d’une session donnée à des élèves de 1re année secondaire du lyceum 3 d’Izioum, le 29 octobre 2025.

Cette session d’EORE à des élèves de secondaire n’est pas la première que reçoivent ces enfants déjà bien sensibilisés aux dangers des mines et des munitions non explosées.

Cette session d’EORE à des élèves de secondaire n’est pas la première que reçoivent ces enfants déjà bien sensibilisés aux dangers des mines et des munitions non explosées.

Après une courte pause, l’équipe de la FSD accueille des enfants plus jeunes, âgés de 7 à 10 ans. La séance, adaptée à leur âge, utilise des dessins animés et des supports ludiques créés par le graphiste de la fondation. Ruslan leur demande comment réagir face à un objet suspect dans une aire de jeux. Sans hésiter, ils répondent qu’il faut s’éloigner et prévenir un adulte pour contacter les secours. Malgré leur jeune âge, tous parviennent à reconnaître les mines présentées.

À la fin de la séance, Andrii, 8 ans, confie à la directrice de l’école que son père est démineur dans l’armée et qu’il connaît déjà ces règles. “Plus tard, je veux être comme lui”, dit-il avec assurance, “protéger les gens et enlever les mines pour que plus personne ne soit tué.”

Chapitre suivant


01
Témoignages

Les mines,
une menace durable pour les civils

02
Déminage

Le déminage,
le front invisible de l’Ukraine

03
Agriculture

Les terres agricoles
prisonnières des mines

04
Pollution

Des sols et des eaux contaminés
par les substances toxiques

L’Ukraine, l’un des pays les plus minés au monde,
un grand reportage de Virginie Nguyen Hoang, dossier développé par ©LaLibre 2026