Au milieu du concert de klaxons caractéristique d'Accra, une mobylette vrombit, soulevant au passage un nuage de poussière de la route en terre battue. Arrivé à l'entrepôt de Green Advocacy Ghana (Green Ad), le jeune conducteur descend de sa bécane, sac-poubelle sur le dos. Il en déverse le contenu — des câbles bleus, jaunes et rouges — à même le sol. Collectés auprès d'un client indien, neufs en apparence, ils ne fonctionnent en réalité plus. Munis de pinces, les employés de l'organisation non gouvernementale en sectionnent alors les extrémités. Ce qui les intéresse se trouve à l'intérieur des câbles : cuivre, aluminium, fer ou encore acier.
La récolte des nombreux « ferrailleurs » qui écument les rues de la capitale ghanéenne et les quais du port, en quête de déchets électroniques, est pesée à l'aide d'une balance. Le résultat affiché par celle-ci déterminera leur rémunération. C'est le cuivre de haute qualité qui rapporte le plus : deux euros le kilo en moyenne.
Un trésor de cuivre
À l'intérieur de l'entrepôt, des milliers de câbles s'entremêlent. « Pour pouvoir réutiliser les matières premières, nous devons retirer le plastique présent sur ces câbles, ce qui prend beaucoup de temps », explique Samuel Bennett Akuffo, conseiller technique sur les déchets électroniques et chef de projet chez Green Ad. Pour la collecte et le traitement de ces plastiques, l'ONG peut compter sur un programme financé par l'entreprise allemande GIZ.
Green Ad a vu le jour en 2009, suite à l'alerte lancée par Greenpeace sur la pollution sanitaire et environnementale liée à la gestion des déchets électroniques au Ghana. Avant qu'une nouvelle étude scientifique enfonce le clou en 2012, en mettant en évidence l'importante contamination aux métaux lourds des légumes cultivés dans les environs.
Alors que les médias internationaux s'emparent de la thématique, l'attention se concentre sur le site d'Agbogbloshie, une banlieue d'Accra. Là-bas, des colonnes de fumée s'échappent quotidiennement de l'immense décharge à ciel ouvert où des travailleurs brûlent des composants électroniques. En 2021, le gouvernement ghanéen fermera le site sans préavis.