Jeremy Le Van, 33 ans,
co-fondateur de Sunrise et
directeur design chez Microsoft, New York

Depuis l'annonce, en février 2015, du rachat de sa start-up Sunrise par le géant américain Microsoft pour la coquette somme de 100 millions de dollars, Jeremy Le Van est entré dans le cercle très restreint des entrepreneurs belges ayant connu une "success story" aux Etats-Unis. Du jour au lendemain, ce jeune Bruxellois trentenaire, qui a conçu un calendrier intelligent pour smartphone avec son associé français Pierre Valade, fit la "une" des médias belges et étrangers. Son parcours a déjà été raconté à maintes reprises (à ce propos, on vous recommande l'article de notre collègue Patrick Van Campenhout.

On retiendra qu'au départ de Bruxelles, Jeremy Le Van s'était envolé pour San Francisco alors qu'il n'avait que 23 ans. Nous sommes en septembre 2007 et Apple crée l'événement en sortant son premier iPhone ("J'ai fait la file pour en acheter un!", se souvient-il dix ans plus tard). Les "apps" n'existent pas encore et on ne parle pas encore des "Gafa". Sa première intention est de compléter sa formation en graphisme et design web, reçue au CAD à Bruxelles, en rejoignant l'Art Institute de San Francisco. De 2009 à 2015, les choses vont s'enchaîner rapidement: premier job chez Seesmic (San Francisco), engagement par Foursquare 5new York), création de Sunrise (entre Bruxelles et les Etats-Unis) et, enfin, rachat et intégration du team de Sunrise chez Microsoft, à New York.

"Aujourd'hui, c'est plus cher de vivre à San Francisco qu'à New York. Par exemple, en 2007, le loyer pour un petit appartement avec une chambre tournait autour de 1200 dollars. Dix ans plus tard, on est à plus de 3000 dollars!"

Depuis plus de deux ans, Jeremy Le Van vit à Brooklyn avec son épouse. S'il dit avoir énormément appris de son passage dans la Silicon Valley, il pose aussi un regard assez critique. "Aujourd'hui, c'est plus cher de vivre à San Francisco qu'à New York. Par exemple, en 2007, le loyer pour un petit appartement avec une chambre tournait autour de 1200 dollars. Dix ans plus tard, on est à plus de 3000 dollars!". Il constate aussi les effets d'évolutions rapides, voire même brutales (coût de la vie, coût de la main d'œuvre, …): "Beaucoup de personnes ont eu, du jour au lendemain, des gains de pouvoir d'achat assez incroyables en bossant chez Google, Facebook, Apple. Les gens à plus faibles revenus ont dû littéralement dégager. De jeunes entrepreneurs ont aussi été contraints de quitter San Francisco et la Silcion Valley. En entrant dans l'ère des géants, l'endroit a un peu perdu de son âme".

A New York, lieu davantage tourné vers le design et la création, Jeremy Le Van a retrouvé "une vraie ville, avec des gens qui ne vivent pas dans une bulle". Et ça lui plaît.



©LaLibre.be 2017 - Reportage Silicon Valley By LaLibre.be