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Pothos, Epipremnum aureum

Fiche 01 · Facile

Pothos

Epipremnum aureum

Lumière indirecte Eau modérée Entretien facile

De toutes les plantes qui peuplent nos appartements, le pothos est sans doute la plus fidèle. On l'oublie, il pousse. On part trois semaines, il attend sans broncher. Portrait d'une liane qui a fait de l'indulgence une manière d'exister.

Il y a des plantes qu'on soigne comme des malades, l'oreille tendue au moindre signe de faiblesse. Le pothos n'est pas de celles-là. Accroché en hauteur d'une bibliothèque ou posé sur un meuble, il laisse filer ses tiges vers le bas, feuille après feuille, dans une descente tranquille qui finit par habiller tout un pan de mur. Son feuillage en cœur, souvent marbré de vert tendre et de crème, garde la même fraîcheur en plein hiver que sous la lumière longue de juin.

Ce qui le rend précieux tient en peu de mots : il demande peu et donne beaucoup. Une lumière douce, un arrosage quand la terre a séché, et le voilà reparti. Là où une calathea bouderait et où un ficus lyre perdrait ses feuilles, lui se contente de ralentir, puis reprend dès qu'on lui rend un peu d'attention.

« Une plante qui demande si peu et rend autant : le pacte a quelque chose de presque trop généreux. »

01Lumière, eau, entretien

Installez-le près d'une fenêtre voilée, à la lumière vive mais sans soleil direct : c'est là que ses panachures restent les plus nettes. Dans un coin sombre il survit, mais son feuillage vire peu à peu au vert uni. Côté eau, la règle est simple : on laisse sécher les premiers centimètres de terreau, puis on arrose franchement. Trop d'eau reste son seul vrai danger. Un rempotage tous les deux ans et une taille de temps en temps suffisent à l'entretenir toute une vie.

Toxique pour les animaux

Comme la plupart des Araceae, le pothos renferme des oxalates de calcium, irritants pour les chats et les chiens en cas d'ingestion. À installer hors de portée des animaux qui mordillent.

Effet dépolluant

Il figure parmi les plantes de l'étude Clean Air de la NASA. Son effet réel sur l'air d'un logement reste modeste et débattu, mais son feuillage n'assèche ni n'encombre rien.

Sources : repères horticoles généraux (RHS, Missouri Botanical Garden, POWO-Kew), à ajuster selon l'exposition et la saison. Toxicité d'après l'ASPCA ; effet dépolluant d'après l'étude Clean Air de la NASA (1989), dont la portée réelle en intérieur fait débat. Multiplication inspirée de « Faites pousser vos boutures ! », Céline.

Origines

Une liane venue du Pacifique Sud

Le pothos est originaire de Mo'orea, dans les îles de la Société, en Polynésie française. Dans la nature, ce n'est pas la plante retombante de nos étagères : c'est une liane grimpante qui s'agrippe aux troncs et monte à l'assaut de la canopée, ses feuilles devenant énormes en pleine lumière.

Répandu depuis dans presque toutes les zones tropicales du globe, il y est parfois si vigoureux qu'il est considéré comme envahissant. Chez nous, à l'abri d'un salon, cette vigueur devient une qualité.

FamilleAraceae
OrigineMo'orea, Polynésie fr.
Coordonnées17°32'S · 149°50'O
MilieuForêt tropicale humide

Bouturage · zéro dépense

Multiplier son pothos, pas à pas

Le pothos est la porte d'entrée idéale du bouturage : il s'enracine dans l'eau, sans terreau ni hormone, presque à coup sûr. Une tige coupée aujourd'hui devient une nouvelle plante en trois semaines.

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Étape 1

Repérer une tige à nœuds

Choisissez une tige saine portant plusieurs feuilles et, surtout, des nœuds : ces petits renflements d'où partent les feuilles. C'est là, et nulle part ailleurs, que naîtront les racines.

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Étape 2

Couper sous un nœud

Avec un sécateur propre, coupez à un centimètre sous un nœud. Une coupe nette évite que la tige ne s'abîme et prépare un bel enracinement.

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Étape 3

Dégager le nœud du bas

Retirez la feuille la plus basse pour libérer le nœud qui va tremper. Une feuille immergée pourrit ; un nœud nu racine sans encombre.

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Étape 4

Mettre en eau

Placez la bouture dans un verre d'eau claire, nœud immergé et feuilles à l'air. Lumière vive sans soleil direct, eau renouvelée une fois par semaine.

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Étape 5

Rempoter en douceur

Quand les racines atteignent trois à cinq centimètres, après deux à trois semaines, rempotez dans un terreau léger et gardez-le humide quelques jours.

Problèmes courants

Quand le pothos va mal

Les trois ennuis que l'on rencontre le plus souvent, ce qui les trahit, et la manière la plus simple d'y remédier. On commence toujours par le geste mécanique avant d'envisager quoi que ce soit d'autre.

maladie

Pourriture des racines

Ce que vous voyezBase ramollie, feuilles qui jaunissent puis noircissent alors que le terreau reste humide, odeur de terre croupie au dépotage.

Ce qu'il faut faireDépotez, coupez au propre toutes les racines brunes et molles, rempotez dans un substrat drainant et espacez nettement les arrosages. La cause est presque toujours un excès d'eau, jamais un manque.

insecte

Cochenilles

Ce que vous voyezAmas cotonneux blancs à l'aisselle des feuilles, ou petits boucliers bruns collés le long des nervures. Feuillage poisseux et croissance qui ralentit.

Ce qu'il faut faireRetirez-les une à une au coton imbibé d'alcool à soixante-dix degrés, puis repassez chaque semaine, car les jeunes échappent au premier passage. Isolez la plante atteinte : la cochenille voyage vite d'un pot à l'autre.

physiologique

Perte des panachures

Ce que vous voyezLe feuillage marbré de crème ou de jaune revient peu à peu au vert uni.

Ce qu'il faut faireC'est un manque de lumière : la plante sacrifie ses zones claires, moins efficaces. Rapprochez-la d'une fenêtre voilée, sans soleil direct qui roussirait le limbe.

Repères de diagnostic et de traitement d'après la Royal Horticultural Society et le Missouri Botanical Garden. En cas de doute sur un produit, privilégiez toujours la solution mécanique et l'observation régulière.

D'autres plantes vous attendent

Chaque fiche suit le même chemin : la plante, ses besoins, son histoire, et la bonne manière de la multiplier.

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