Un voyage “bouleversant” pour casser les préjugés

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La Chaloupe – Services d’aide aux jeunes et aux familles | Ottignies-Louvain-la-Neuve

Association : Africapsud

Journaliste : Simon Legros- Reportage





Un groupe de douze Brabançons s’est rendu à Comé dans le cadre du projet Africapsud et Move with Africa. Récit.

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Ils sont douze : six filles et six garçons. Âgés entre 15 et 20 ans, ils se sont lancés dans le défi un peu fou de vivre l’expérience d’une vie. A savoir de partir à la rencontre de jeunes de leur âge au Bénin, afin de se rendre compte de comment y est la vie sur place et d’échanger. Pour la plupart, leur plus long voyage jusqu’ici se limitait à des pays limitrophes de la Belgique. Alors que ce soit au niveau du trajet en avion, du climat mais surtout de la diversité culturelle, le choc fut énorme.

Heureusement, en amont, ce projet avait été bien préparé. Tous ces jeunes, originaires du Brabant wallon et encadrés par l’AMO La Chaloupe – une association d’aide à la jeunesse basée à Ottignies et Court-Saint-Etienne -, avaient reçu plusieurs formations. “Cela a permis à ces jeunes de se connaître et à nous de voir un peu la dynamique du groupe. Je n’avais donc aucune crainte au moment du départ”, confie Pierre Cantraine, coordinateur du projet Africapsud.

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Des conditions extrêmes

Comment les choses se sont-elles passées sur place ? Le premier événement marquant pour le groupe a été, dès la sortie d’avion, le constat d’un climat chaud et humide. Des conditions extrêmes avec lesquelles il faudra s’acclimater. Une fois arrivés dans le lieu de résidence à Comé, une ville située à environ 1h30 de route de l’aéroport de Cotonou, les jeunes sont rapidement prévenus : pas d’airco mais des ventilateurs au plafond plutôt bruyants et une gestion de l’eau à tenir à l’œil. En effet, des coupures d’eau et de courant sont assez fréquentes et il convient de toujours garder un stock dans une bassine en réserve pour se laver.

“J’avais peur de ne pas me sentir à ma place” Solène Participante au projet Move with Africa

Après une première nuit compliquée pour les organismes, l’heure est à la découverte de la ville avec un petit jeu à réaliser par équipe. Une façon de déjà briser la glace et d’oser aller à la rencontre de l’autre. “C’est dingue, ici, on voit des enfants d’à peine 3 ou 5 ans se promener seuls dans les rues. On ne verrait pas ça en Belgique”, confie Aliénor. D’autres jeunes participant au projet sont marqués par les déchets qui jonchent les rues et par l’absence de poubelles. Très vite, tous se rendent compte que leurs habitudes vont être totalement chamboulées.

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La rencontre, point d’orgue du séjour

Arrive ensuite le moment tant attendu : celui de la rencontre avec les correspondants béninois. Alors que l’on pourrait s’attendre à un peu de timidité et d’appréhension, ce premier échange laisse pantois. Avec leur joie de vivre et leurs chants et danses endiablés, les jeunes du Bénin parviennent directement à instaurer la confiance auprès des jeunes Belges, qui le leur rendent bien. De petits jeux finissent par souder l’ensemble du groupe, dont on a l’impression que les membres se connaissent déjà tous très bien. De très bon augure pour la suite du séjour. Car c’est bien dans l’échange que se trouve l’axe central de ce voyage. Outre les activités qui permettront aux jeunes Belges de découvrir les façons de faire et de vivre locales (à travers des ateliers de pêche, de poterie et diverses immersions dans la vie quotidienne des Béninois), tout est mis en place pour que Belges et Béninois partagent. Chaque jour, des ateliers sont ainsi proposés aux deux groupes mélangés : d’initiations à la langue et à la danse locale, jusqu’à un quiz sur la Belgique, il y en a pour tous les goûts.

Des stéréotypes déconstruits

Si cet effort de rencontres est si intéressant, c’est parce qu’il aboutit sur un résultat concret : celui de déconstruction des stéréotypes. Israël, membre de l’ONG Carrefour Jeunesse Afrique et responsable du projet d’échange côté béninois, le souligne : “Il y a beaucoup de préjugés, pas toujours vrais, entre le Nord et le Sud. Et cela cause des problèmes. L’idée ici, c’est de casser ces préjugés et que les jeunes Belges et les jeunes d’ici se fassent leur propre idée sur la chose”.” Je pensais qu’on allait être de trop ici”, explique Fanny. Nell craignait quant à elle des “gens pas inclusifs”. “J’avais peur de ne pas me sentir à ma place”, ajoute Solène. Quant à Artur, il pensait que les gens “vivaient dans des huttes en bois ou en argile, qu’ils n’avaient pas d’arbres et qu’ils vivaient tous dans des déserts”. “Or on est quand même dans un pays tropical assez humide”, constate le jeune homme. Mais au final, tous ont revu leurs perspectives. “Ce projet permet de découvrir d’autres choses et sortir de mes a priori sur l’Afrique”, note Artur.

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Fanny et Nell, elles, se rendent compte que les Béninois sont en réalité “sympathiques et accueillants”. La mission d’ouverture d’esprit et d’interculturalité a donc été pleinement remplie. À leur retour en Belgique, plusieurs jeunes garderont contact avec leurs correspondants. Et des souvenirs plein la tête. “Depuis que je suis revenu, je ne suis plus le même et j’ai du mal à retrouver ma vie d’avant”, confie même Jules. Bref, un voyage… bouleversant.

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