De Tournai à la Teranga : une aventure humaine et interculturelle
Athénée Royal Jules Bara | TOURNAI Sénégal
Association : Asmae
Reportage au Sénégal : Sophie Knapen
Pendant douze jours, Belges et Sénégalais ont découvert une notion essentielle : le vivre ensemble.
C’est dans la ferme agro-écologique de l’association AJE, partenaire d’Asmae, que les élèves de l’Athénée Royal Jules Bara et les jeunes Sénégalais ont passé deux semaines dans un cocon “coupé du monde” et des réseaux sociaux. Bienvenue au pays de la Teranga
Tout a commencé par la chanson : “Mon beau technicien. Toi là-bas, viens ici ! Dos à dos s’il vous plaît ! Saluez-vous s’il vous plaît !” Djembés, musiques, danses, chants et larges sourires rythment l’accueil. Il s’agit d’un de ces moments dans la vie qui marquent à jamais et nul doute que les jeunes Tournaisiens n’oublieront pas l’accueil réservé par les jeunes Sénégalais.
“Avant de venir, j’avais peur de ne pas être intégré au groupe et au final, ça s’est fait tout seul, en un claquement de doigts, on était tous ensemble en train de danser et chanter. C’était magnifique !”, témoigne Thibault Janeriat, étudiant en rhéto.
Vivre ensemble
Dans ce nouvel environnement, chaud et sec, les élèves découvrent de nouveaux modes de vie, une autre culture et d’autres traditions. Ils apprennent à connaître leurs homologues Sénégalais qui logent avec eux. “Café au lait” crie Babacar, le souriant et dynamique animateur d’AJE, pour tenter de mélanger les élèves encore timides. Aller vers l’autre devient alors une des plus grandes sources d’enrichissement personnel qu’ils puissent vivre. Durant le séjour, c’est d’abord en “laissant faire” qu’Asmae tente de créer des échanges entre jeunes lors des moments de pause. Entre football, danses, pétanque, cours de djembé, jeux de société, ateliers hennés et tresses, les activités ne manquent pas pour discuter et apprendre à se découvrir.
Je pensais qu’il y aurait un blocage par rapport à nos modes de vies et pensées différentes, qu’on serait en contact uniquement pendant les activités, or ce n’est pas du tout le cas !” Giacomo D’Ancona étudiant en 5e
Les discussions sont omniprésentes et chacun tente de comprendre l’autre, sa culture et ses aspirations. On écoute et débat beaucoup. “Je pensais qu’il y aurait un blocage par rapport à nos modes de vies et pensées différentes, qu’on serait en contact uniquement pendant les activités, or ce n’est pas du tout le cas ! Aux repas et en dehors, on parle beaucoup ensemble, c’est très chouette !” témoigne Giacomo D’Ancona, étudiant en 5e.
“Des traces indélébiles”
Faire comprendre la réalité des relations Nord-Sud et notamment les raisons de ces inégalités, c’est l’un des objectifs de l’asbl belge Asmae. Pouvoir mettre un visage derrière la théorie apprise durant le parcours Move with Africa permet de faire grandir cette prise de conscience, les jeunes peuvent échanger avec des personnes qui vivent les situations décrites lors de la formation.
“Pour ces jeunes, ces interactions laissent des traces indélébiles, celui d’avoir un moteur d’engagement, de passage à l’action, d’ouvrir les horizons” témoigne Martin Kisiigha, formateur en éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire au sein d’Asmae. A la ferme, on observe la trentaine de jeunes passer du chantier au potager, de la confection du pain à la réalisation d’un jus de bissap avec Moussa, François et Everienne d’AJE. Ces activités permettent d’échanger sur les différentes façons de faire, de faire naître de nouvelles idées au sein de la ferme.
Au programme, quelques rencontres avec des personnalités : le chef, les femmes du village, le maire, le préfet et l’imam. Des activités rythment les journées : tâches ménagères, cours de wolof avec les jeunes Sénégalais, cours de danse, ateliers d’écriture, apprendre à filmer, réalisation et montages de vidéos pour les réseaux, réalisation d’un jeu d’équipe coopératif pour découvrir le pays de l’autre… “Le moment que j’ai préféré, c’était le cours de danse, c’était drôle de voir tout le monde danser. Tout le monde s’est mis à fond même ceux qui ne savaient pas danser. On a passé un bon moment tous ensemble”, explique Luca De Leeuw, étudiant en rhéto.
Un départ plein d’émotions
Après ces 12 jours loin de chez eux, Valentine, Théo, Lana, Valentin, Yasmine, Louise et tous les autres repartent avec une expérience atypique et des souvenirs gravés à vie. Impossible pour eux d’oublier les chorégraphies sur “Coup du marteau”, les blagues d’Ansou, les soirées à jouer tous ensemble au “Loups-Garous”, le déhanché et le sourire de Babacar. La rencontre avec l’Autre, c’est comprendre que malgré les différences, un vivre ensemble est possible. Du projet Move naissent de très belles amitiés. C’est dans un bus silencieux, les yeux humides que les élèves et professeurs ont dit une dernière fois au revoir aux Sénégalais.