L’équipe des “Brayous” a conquis les cœurs à Parakou

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Bénin – Parakou- Institut d’Enseignement Secondaire Paramédical Provincial (IESPP) | MONS

Association : VIA Don Bosco

Journaliste : Raphaël Meulders - Reportage





Les élèves de l’IESPP de Mons ont vécu un voyage rempli d’émotion.

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Juste affiche un large sourire. Le jeune Béninois n’est pas peu fier de faire visiter sa maison à ses nouveaux amis belges. “Cela ne fait que quatre jours que je les ai rencontrés, mais j’ai l’impression de les connaître depuis toujours”, explique l’adolescent. Ses amis belges, ce sont les élèves de l’institut d’enseignement secondaire paramédical (IESPP) de Mons, venus séjourner pendant près de deux semaines dans la ville de Parakou, celle de Juste dans le nord du Bénin. Le trajet, plus de huit heures de minibus, aura été éreintant pour les Montois depuis la capitale côtière Cotonou vers l’intérieur des terres. Un choc d’images et de sensations

Mais les élèves, pour qui c’était une première en Afrique, en ont eu pris plein la vue. La chaleur pesante, la fatigue et les piqûres de moustique : le groupe aura mis quelques jours avant de prendre ses marques dans son lieu de séjour, les locaux du Collège Technique Don Bosco dirigé par Frère Hernan, venu d’Équateur.

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Le choc d’images et de sensation est total. Et c’est le but de ces voyages interculturels organisés par l’ONG VIA Don Bosco, dans le cadre de Move With Africa. Sortir de sa zone confort, apprendre à mieux se connaître pour aller plus facilement vers les autres. A Parakou, c’est réussi. L’environnement, semi-désertique, n’a pas grand-chose à voir avec le quotidien habituel des élèves à Mons. Juste habite dans la banlieue de la ville et il nous montre avec enthousiasme le rocher qui surplombe son quartier. “C’est mon endroit préféré”. Un coq se lance dans une sérénade peu harmonieuse. Le cousin de Juste va chercher des poussins dans la cage, à l’intérieur même de la maison familiale, tandis que la sœur de l’étudiant béninois commence la confection d’une robe sur sa machine à coudre.

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“Un voyage unique”

Un grand banc a été sorti pour accueillir les invités venus de Belgique. On discute de tout et de rien, sous un air du chanteur franco-congolais Dadju. “C’est moi qui ai fait l’électricité de la maison”, relate Juste. Perrine, étudiante à l’IESPP Mons ouvre de grands yeux. “Ce voyage est unique, on a reçu un accueil incroyable, s’enthousiasme celle qu’on surnomme “Spielberg” dans le groupe. Les Belges ont préparé ce voyage depuis longtemps, via différentes formations, mais aussi la création et la vente d’un calendrier personnalisé, ainsi que la réalisation de petits films. Ils ont même lancé une webradio, nommée MWA, pour Move With Africa, pour relater leurs impressions de ce périple. “J’avais des appréhensions surtout par rapport à la nourriture, mais nos formations nous ont bien aidées”, poursuit Perrine.

“Pourquoi est-ce que vous fermez les portes de vos maisons en Belgique ?” Hillary

élève du Collège Technique Don Bosco de Parakou (Bénin) La famille de Juste vit avec trois autres foyers. Rien d’inhabituel au Bénin. “On ne parle pas la même langue, mais on se comprend. Les portes sont toujours ouvertes. Les voisins peuvent venir à chaque instant”.

Un pas vers l’autre

Cette ouverture étonne les jeunes Montois. Ce qui étonne… les Béninois. “Pourquoi est-ce que vous fermez les portes de vos maisons en Belgique ?, s’interroge Hillary, une autre étudiante du collège Don Bosco de Parakou. Si vous restez chacun dans votre coin et qu’un jour cela ne va pas, personne ne le saura et ne viendra vous aider”.

Les différences culturelles sont là. Elles sont marquées, mais chacun est curieux, a envie de faire un pas vers l’autre. Les discussions sont nombreuses, souvent animées. Le petit groupe de Belges quitte la maison de Juste. Mais la marche est de courte durée. Une pause s’impose devant le baby-foot qui trône à même la rue. La partie entre Béninois et Belges est endiablée, bientôt une vingtaine de personnes entourent la table de jeu. Les fous rires fusent de partout. Comme lors de la présentation, la veille, du “Doudou”, la célèbre fête Montoise aux correspondants béninois.

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Durant ces deux semaines, Emilie et Nora, les deux accompagnatrices de VIA Don Bosco trouveront toute une série de jeux et d’activités pour faciliter ces rencontres interculturelles. Chacun dévoilera aussi ses rêves. Celui de Darius ? Devenir patron d’une entreprise béninoise fabriquant des voitures portant son nom. Pour une étudiante belge, sa seule envie est “d’avoir une bonne relation avec ses futurs enfants”.

“On pleure tout le temps”

Les débriefings sont quotidiens. Les préjugés sautent au fil des jours. “En Europe, on pense souvent que les Africains sont malheureux car ils sont plus pauvres que nous, remarque Clémence. Mais on s’est rendu compte après nos discussions, qu’ils avaient l’air plus heureux. Avoir des sous ne veut rien dire. Nous, si on perd notre téléphone, on va être au bout de notre vie. Alors que le plus important est que nos proches et nous, soyons en bonne santé”. Clémence est aussi heureuse d’avoir cassé certains préjugés qu’avaient les Béninois sur le groupe de Belges. “Certains pensaient qu’on n’était pas sentimentaux, moins humains. Mais pas du tout ! Ce n’est pas parce qu’on est Européen qu’on n’a pas de cœur. Nous, on est une team de “Brayous”, de sentimentaux. On pleure tout le temps”. Les larmes furent ainsi nombreuses le jour du retour des “Brayous” en Belgique.

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