Comprendre le Rwanda avec les autres
Collège des Etoiles (Haren-Bruxelles)
Association : RCN Justice&Démocratie Rwanda
Journaliste Ennio Cameriere
“Bruxelles arrive”. Le récit de jeunes de Haren en terres rwandaises.
Treize élèves du Collège des Etoiles (Bruxelles-Haren) et leurs deux professeurs, accompagnés de RCN Justice&Démocratie – une ONG habituée à l’Afrique centrale – viennent d’atterrir au Rwanda. Pour certains, ce n’est pas un terrain inconnu : Dylan, d’origine rwandaise, revient sur les traces de ses origines.
Mais que s’est-il passé ?
C’est dans les rues de la capitale rwandaise, Kigali, que se baladent les Bruxellois. Entre couleurs et bruits, ils ne se sentent pas trop dépaysés, car ils seront sur place une dizaine de jours.
Juvens, collègue de l’équipe RCN Justice&Démocratie, collabore également avec l’Association Modeste et Innocent (AMI) pour encadrer nos jeunes Bruxellois. Le thème ? Travailler sur le génocide perpétré contre les Tutsi pour comprendre le passé et inculquer une prévention à la violence. Rencontrer les victimes mais aussi les génocidaires est une épreuve qui peut s’avérer difficile, mais riche en compréhension pour les jeunes adultes en devenir. “Les responsables vivent dans la même société que les victimes. On se rend compte que l’humanité peut, d’un seul coup, disparaître à cause de la manipulation”, nous explique une des élèves du groupe.
“Je me sens enfin chez moi ici.” Une élève du Collège des Etoiles de Haren
L’écart d’âge entre les Belges et les membres de la communauté rwandaise est peut-être très large, mais les jeunes issus de l’école de Haren comprennent vite et bien. “Ils viennent tous de cultures différentes et c’est très touchant de voir les réactions de chacun par rapport au Rwanda et aux coutumes locales,” rapporte Loredana, responsable du groupe pour RCN Justice&Démocratie. Suite à cela, les élèves participeront à des ateliers de discussion pour réfléchir et partager leur expérience. “En arrivant ici, je me suis enfin sentie chez moi. Les rues et les bâtiments me rappellent mon pays natal,” raconte une jeune Harenoise. Quelques heures de bus plus tard, les élèves arrivent dans leur logement où tout est prévu pour que leur séjour se déroule sans souci, avec tout le nécessaire à disposition pour un séjour agréable.
Murambi, un moment difficile
Comme le savent les élèves, le Rwanda est un pays vallonné. C’est donc dans la continuité de leur périple que les élèves feront une halte sur la colline de Murambi, tristement célèbre pour son mémorial où reposent des milliers de victimes du génocide de 1994. Ce lieu abrite au total 50 000 corps de victimes enterrées suite au génocide perpétré contre les Tutsi. C’est dans l’ancienne école technique qui a été transformée que le mémorial a vu le jour. “C’était trop difficile pour moi de rentrer, je me demande surtout comment ils ont fait pour passer à autre chose”, explique Zainab.
Ce lieu retrace toute l’horreur du génocide, avec l’exposition de certains corps retrouvés et préservés avec un traitement à la chaux.
Un retour qui change
C’est quelque temps après leur retour que les Bruxellois en reparleront, autour d’activités. Les sentiments sont partagés, entre découverte de l’autre et la prise de conscience de la sombre histoire du pays. Les retours ont été différents pour chacun : fatigués, émus. Comment retomber dans son quotidien belge après une expérience comme celle-là ? “J’ai vraiment apprécié. Au début, j’avais peur de la fermeture d’esprit car, disons-le, on vient un peu d’une école ‘ghettos’, je vais dire les termes”, explique Halime. “Quand on est arrivés là-bas, on a remarqué que la différence de couleur de peau, de religion ou de culture n’a pas été un frein à notre amusement. Au contraire, on s’est sentis mieux intégrés qu’à certains endroits chez nous. La conclusion de tout ça est magnifique à mes yeux.”