Alexandre Wayenberg,
35 ans,
CEO de Shape

C'est dans le quartier South of Market (SoMa), où bat le coeur des start-up technologiques de San Francisco, qu'Alexandre Wayenberg nous a donné rendez-vous. Depuis le mois de juillet, c'est au sein d'un petit immeuble du « Hardware Club » qu'il a trouvé refuge. «Avant, nous étions dans la Vallée, à San Mateo. On est en train de négocier un loyer ailleurs, mais ce n'est vraiment pas simple », explique ce natif d'Uccle à la carrure très sportive. S'il a bien un passeport belge, Alexandre Wayenberg a toutefois rapidement mis les voiles vers d'autres cieux. «A 16 ans, je me suis inscrit à l'ULB pour faire des études en informatique. J'étais passionné d'informatique depuis mes 5 ans et en arrivant à l'unif, je savais déjà coder ». Résultat : il s'ennuie ferme!


A 19 ans, il s'en va en Suisse et s'inscrit à l'Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL). « C'était l'une des très rares écoles qui, à l'époque, proposait un cursus dans les nano-technologies ». Il restera finalement dix ans en Suisse, y créant sa première start-up (AgoraBee, spécialisée dans les réseaux sans fil), y bossant aussi comme IT manager pour une société suisse et, comme si ça ne suffisait pas, y étant aussi assistant à l'EPFL ! Un nouveau chapitre s'ouvre quand sa femme décroche une proposition d'emploi en Chine. A Shenzhen, plus partiulièrement, la « Silicon Valley du hardware ».

« Le problème, en Chine, c'est qu'on y mange du riz et des nouilles du matin au soir, poursuit Alexandre Wayenberg. J'ai donc pris pas mal de poids et ma femme a commencé à me faire des petites remarques ». Il se reprend progressivement en main. Jusqu'au jour où, face à un miroir, il constate un changement de physionomie. « J'avais pas du tout maigri ! En fait, c'était même le contraire. J'avais pris 2 kilos en plus, mais 2 kilos de muscle ».

« Environ 1000 sociétés nous ont contactés pour tester le produit et on a déjà enregistré plus de 3000 pré-commandes depuis mai ! »

Et voilà comment a commencé l'aventure de Shape et de la balance capable de scanner et de visualiser en 3D l'évolution corporelle (en identifiant, grâce à un avatar, les masses graisseuses et musculaires). Il en parle à Martin, jeune Allemand également actif dans le hardware à Shenzhen. A deux, ils développent un «proof of concept » démontrant la faisabilité de leur balance magique. Ils intègrent un premier accélérateur de start-up à Hong Kong. Ils sont ensuite sélectionnés par Y Combinator, le plus réputé des accélérateurs et fonds d'amorçage de la Silicon Valley. Trois mois plus tard, Alexandre et Martin en ressortent avec un prototype et une première levée de fonds. La machine de la « ShapeScale » est définitivement lancée. « On a lancé des pré-commandes en mai, avec une livraison prévue en 2018, conclut Alexandre Wayenberg. Environ 1000 sociétés nous ont contactés pour tester le produit et on a déjà enregistré plus de 3000 pré-commandes ! ».

Un dernier détail : au cours des trois dernières, Alexandre Wayenberg dit avoir travaillé « entre 90 et 100 heures » par semaine… « Là, je suis en train de rééquilibrer un peu les choses ».

©LaLibre.be 2017 - Reportage Silicon Valley By LaLibre.be