Tanguy Peers, 47 ans,
co-fondateur et CEO

Cela fait maintenant dix ans que Tanguy Peers est venu s'installer, avec sa femme et ses enfants, à Palo Alto. C'est son employeur, le groupe eBay, qui le fit venir à San José. Il finira par s'en lasser. En 2012, il décide de reprendre sa liberté d'entrepreneur. Sa spécialité, depuis 1999, ce sont les places de marché. A l'été 2013, il crée Pawshake, une « marketplace » pour le gardiennage d'animaux, avec Dries Coucke, un ami et ancien collègue de chez eBay. « C'est assez particulier parce que Dries et notre équipe technique sont basés en Belgique. Moi, je travaille depuis mon garage à Palo Alto et on a des équipes marketing dans plusieurs pays. Aujourd'hui, les outils permettent de travailler de cette façon et je trouve ça très amusant», nous raconte-t-il lors d'une rencontre d'entrepreneurs francophones belges organisée cet automne à San Francisco par Baudouin de Hemptinne, directeur de l'Awex et du «hub » Digital Wallonia en Californie.


A l'origine, Pawshake a été lancé le site en Belgique. Dès qu'il a commencé à marcher, Tanguy et Dries l'ont joué « à l'américaine » en lançant la plateforme dans 19 pays. Au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, au Canada, en Europe... Et tout ça au départ d'un garage de Palo Alto ! « Les trois premières années, c'était l'enfer total. On a frôlé deux fois la faillite. C'était très stressant. Je déconseille d'ailleurs à tout le monde de devenir entrepreneur à 45 ans avec trois enfants », dit-il sous le regard amusé et attendrissant de son épouse.

Pawshake est aujourd'hui une boîte rentable. En 2016, elle a dégagé environ 8 millions de dollars de chiffre d’affaires et emploie vingt-cinq personnes, en Belgique notamment, mais aussi en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Grande-Bretagne (qui sont les principaux marchés de Pawshake).

« Les trois premières années, c'était l'enfer total. On a frôlé deux fois la faillite. »

«Je n'aurais jamais imaginé de ma vie que je dirigerais un jour une plateforme pour la garde d'animaux ! Mon beau-père me dit d'ailleurs régulièrement que ce n'est pas un métier », conclut Tanguy Peers. Il faut bien croire que oui puisque environ 500 000 animaux sont inscrits actuellement sur Pawshake.

©LaLibre.be 2017 - Reportage Silicon Valley By LaLibre.be