Davy Kestens, c'est l'enfant prodige de la jeune génération des "startupeurs" flamands. Pour espérer rencontrer ce Limbourgeois autodidacte qui n'a pas encore 30 ans, il faut se rendre sur California Street, 650, au coeur du Financial District de San Francisco. Après avoir montré patte blanche, vous pourrez accéder au 18e étage d'un gratte-ciel à l'architecture classique. Si la chevelure de Davy Kestens s'est à la fois raccourcie et son look assagi en comparaison avec ses «années belges», l'entrepreneur conserve un petit air espiègle.
Près de six ans après avoir posé son ordinateur portable à San Francisco, il est aujourd'hui à la tête d'une start-up d'une centaine de personnes (dont une vingtaine sont basées à Hasselt, le QG européen de Sparkcentral). Le chiffre d'affaires? «Je ne communique pas, dit-il, petit sourire au coin des lèvres. Je peux juste vous dire que notre marge se situe autour des 87% et qu'on a des clients comme Delta Airlines, Uber, Netflix, Western Union, Dropbox, Emirates, Discover, ...». Du lourd ! Sparkcentral fait désormais figure de "success story", au même titre que la gantoise Showpad.
Davy Kestens en a littéralement bavé pour en arriver là où il est aujourd'hui. Certes, il a pu compter sur le soutien de son paternel, proche collaborateur du fonds d'investissement flamand LRM et actuel directeur du Corda INcubator. Mais quand il débarque à San Francisco, en 2011, ce surdoué de l'informatique doit encore tout prouver. Son produit, connu alors sous le nom de Twitspark, permet de gérer des contacts clients au départ de messages postés sur Twitter. «C'est grâce à Sébastien de Halleux si je suis arrivé ici!, dit-il. Quand il a vu ce que je faisais, il était tout excité. Il m'a demandé de venir prendre un lunch avec lui à San Francisco. (rires) Quand je suis retourné en Belgique, j'avais un "term sheet" pour une première levée de fonds".
En janvier 2012, il "incorpore" Sparkcentrak comme société du Delaware et, deux mois plus tard, alors qu'il n'a que 23 ans, il lève 1,125 million de dollars auprès de douze "business angels" belges (Sébastien de Halleux, Peter Hinssen, José Zurstrassen, André Duval, ...) et quelques américains! Cette levée de fonds lui permet, par la même occasion, de décrocher un visa d'investisseur étranger (visa E2).
« Sébastien de Halleux m'a demandé de venir prendre un lunch avec lui à San Francisco. Quand je suis retourné en Belgique, j'avais un "term sheet" pour une première levée de fonds .»
«Quand je me suis installé à San Francisco, j'étais vraiment seul! J'occupais un bureau minuscule chez un comptable installé dans SoMa (quartier des start-up à San Francisco, NdlR). Je n'avais aucune vie sociale, je bossais du matin au soir, sept jours sur sept, sur un mock-up (en informatique, ça désigne un prototype d'interface utilisateur, NdlR)». Mi-2013, un premier petit miracle intervient : la compagnie aérienne Delta Airlines appelle Davy Kestens en lui demandant de lui fournir une plateforme de gestion des relations avec les clients présents sur les réseaux sociaux. Il s'entoure alors de plusieurs personnes et, six mois plus tard, il délivre une solution... truffée de bugs! «Delta voulait tout arrêter. Je les ai suppliés de me donner encore 24 heures».
Bingo! Sparkcentral tient son premier gros client. Il lui faudra six mois supplémentaires pour convaincre Delta Airlines d'accepter de faire une vidéo "testimonial" de son expérience avec Sparkcentral (un outil marketing très précieux pour attirer d'autres clients). Trois autres compagnies aériennes se tourneront rapidement vers la start-up de Davy Kestens pour gérer les relations avec leurs propres clients. En novembre 2016, la société levait 20 millions d'euros supplémentaires (portant le total du financement à 37 millions de dollars). Parmi les investisseurs, on retrouve toujours la LRM, mais également les fonds américains Split Rock Partners et Jackson Square Ventures. La machine est définitivement lancée et possède le cash nécessaire pour accélérer!
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