Guillaume de Dorlodot, 35 ans, fondateur et CEO du Startup Basecamp

Toute personne qui se rend à San Francisco sait qu'elle devra ouvrir grand son portefeuille. En particulier si on doit se loger et si on est un jeune entrepreneur qui doit compter sur ses maigres moyens. San Francisco et la Silicon Valley peuvent alors vite tourner au cauchemar.

C'est à peu près ce qui est arrivé à Guillaume de Dorlodot, en 2013, lorsque ce jeune trentenaire a débarqué en Californie pour suivre des cours d'entrepreneuriat à l'Université de Stanford. « La première semaine, je ne connaissais personne et je me suis un peu retrouvé dans la peau de l'immigrant irlandais, il y a un siècle, avec une valise au bord de la route. J'ai vraiment ressenti le côté "marche ou crève!". Et je ne vous cache pas que j'ai eu plusieurs fois l'envie de rentrer chez moi en Belgique et d'aller pleurer un bon coup dans les bras de ma mère! ».


Guillaume de Dorlodot ne craquera pas. Il est parti de sa propre expérience pour imaginer une structure qui pourrait à la fois loger des entrepreneurs, leur permettre d'occuper un espace de travail, de se connecter et de nouer des contacts. C'est le concept du Startup Camp, qui verra le jour en 2014 dans un appartement de SoMa, le quartier des start-up à San Francisco.

Aujourd'hui, le Startup Camp a trouvé refuge dans un hôtel proche de Union Square. On y trouve à la fois un espace de coworking et de coliving (entre 10 et 30 chambres sont disponibles à des prix raisonnables). « Tout est fait pour faciliter une immersion rapide de l'entrepreneur étranger dans l'écosystème de la Silicon Valley », explique Guillaume de Dorlodot. Lui et sa petite équipe ont aussi lancé le "Silicon Valley Survival Program". Durant une semaine, les participants sont littéralement immergés dans l'écosystème californien à travers des visites d'entreprises, des ateliers, du networking, etc.

En moyenne, les personnes restent au Startup Camp entre 2 et 3 semaines. Mais ça peut être plus. «On a déjà reçu des participants à l'accélérateur 500 Startups. On est aussi de plus en plus sollicité par des accélérateurs étrangers et des étudiants d'écoles supérieures qui viennent découvrir l'écosystème de San Francisco et de la Vallée ». Depuis l'ouverture en juin 2014, près de 800 personnes, provenant d'une soixantaine de pays différents, sont passés par le Startup Camp.  

 « La première semaine, je ne connaissais personne et je me suis un peu retrouvé dans la peau de l'immigrant irlandais, il y a un siècle, avec une valise au bord de la route. »

Depuis la fin de 2016, Guillaume et sa compagne italienne, Maria, travaillent sur un nouveau projet: Nomad Pass. « Aujourd'hui, détaille-t-il, on est de moins en moins attaché à un lieu de travail unique. Les Millennials bougent de plus en plus ». Il leur suffit d'un ordinateur portable et d'une connexion à Internet pour bosser, que ce soit à San Francisco, à Bali, à Lisbonne, ... Mais à une condition : trouver de chouettes endroits où on peut à la fois travailler et se distraire. Nomad Pass est une plateforme en ligne qui permet, précisément, de découvrir ces endroits uniques où on peut vivre et travailler durant une période limitée dans le temps.



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