Mercredi 12 août 2026, 20 h 13
La Lune va manger neuf dixièmes du Soleil au-dessus de la Belgique
Ce soir-là, à sept degrés au-dessus de l'horizon ouest-nord-ouest, le Soleil se réduira à un mince croissant. Il faudra un horizon dégagé, des lunettes homologuées, et un peu de chance avec les nuages. C'est la plus forte occultation observée depuis le pays depuis l'éclipse totale du 11 août 1999, et la prochaine de cette ampleur n'arrivera pas avant 2039.
Avant le maximum
- À Bruxelles
- 89,5 % du disque masqué
- Hauteur du Soleil
- 7,4° sur l'horizon
- Durée du phénomène
- 1 h 47 de 19 h 18 à 21 h 05
- Totalité la plus proche
- Burgos, nord de l'Espagne
Pourquoi il n'y a pas d'éclipse tous les mois
La Lune passe entre la Terre et le Soleil toutes les quatre semaines. Une éclipse devrait donc se produire à chaque fois. Basculez en mode éclipse et inclinez l'orbite : vous verrez l'ombre manquer la Terre, ce qui arrive onze fois sur douze.
Faites glisser pour tourner, molette ou pincement pour zoomer. Cliquez un corps pour ouvrir sa fiche.
Survolez la carte pour lire l'occultation en tout point, cliquez pour épingler.
Au milieu de la course, la Lune se trouve entre la Terre et le Soleil : c'est la nouvelle lune.
Ligne des nœuds pointée vers le Soleil. L'orbite lunaire est inclinée de 5,15° sur celle de la Terre. Cette inclinaison ne bouge pas : ce qui tourne au fil de l'année, c'est la ligne pointillée rose, là où les deux plans se croisent. Faites-la pivoter et regardez l'ombre rater la Terre.
La bande rose est la zone de totalité, calculée à partir des éléments besséliens publiés par la NASA. Les courbes bleues relient les points d'égale occultation. Les heures sur la ligne centrale sont en heure locale belge (CEST). Survolez ou touchez la carte : le pourcentage est calculé au point exact, par la même méthode que le reste du dossier.
Dans le mode éclipse, la distance Terre-Lune est exacte : 58,4 rayons terrestres, la valeur du 12 août et non la moyenne. À la distance moyenne, le cône d'ombre s'arrêterait avant la surface et l'éclipse serait annulaire. Les corps, eux, sont grossis trois fois, sans quoi la Lune mesurerait cinq pixels. Ce grossissement ne fausse pas la longueur du cône, qui ne dépend que du rapport des rayons : le facteur se simplifie dans le calcul. Il rend en revanche la Terre plus facile à atteindre, donc l'ombre la touche à l'écran sur une plage d'orientations plus large qu'en réalité. C'est pourquoi le texte sous le curseur affiche la latitude lunaire vraie, dont la limite réelle est de 0,9°.
Quatre configurations, quatre spectacles
Tout se joue sur quelques milliers de kilomètres. Selon que la Lune se trouve un peu plus près ou un peu plus loin de nous ce jour-là, la même mécanique produit une nuit en plein jour, un anneau de feu, ou un simple croissant.
Quatre choses à savoir avant de lever les yeux
Ce que vous verrez, minute par minute
Choisissez une ville et faites glisser le curseur. Le disque sombre est la Lune, qui entre par la droite. Comparez Bruxelles avec Paris, puis avec Burgos, dans la bande de totalité : c'est le même phénomène, à mille kilomètres près.
Comment ce simulateur est construit
Les trois instants du phénomène et le pourcentage maximal viennent des sources citées en bas de page. Entre ces points, la position de la Lune est obtenue en supposant qu'elle traverse le disque solaire en ligne droite à vitesse constante, ce qui est une très bonne approximation sur deux heures. Le pourcentage affiché est alors calculé par la formule de l'aire commune à deux disques.
Autrement dit, la courbe passe exactement par les valeurs publiées, et interpole géométriquement entre elles. Ce n'est pas une éphéméride : pour régler un instrument, utilisez les circonstances locales de l'Observatoire royal de Belgique.
Horaires et taux d'occultation
Toutes les valeurs ne se valent pas. Celles de Bruxelles et de Paris sont publiées par des institutions ; les autres sont des valeurs de travail, signalées comme telles, à confirmer avant publication.
| Lieu | Premier contact | Maximum | Dernier contact | Disque masqué | Hauteur | Fiabilité |
|---|
Heures locales : CEST (UTC+2) pour la Belgique, la France et l'Espagne, GMT pour l'Islande. L'Observatoire royal de Belgique retient environ 89 % pour Bruxelles, la RTBF cite 89,6 % d'après l'Observatoire de Paris. L'écart tient à la définition retenue et au point de la commune choisi comme référence.
Les précédentes, vues de Belgique
Les vingt prochaines éclipses de Soleil
Une éclipse totale quelque part dans le monde revient tous les dix-huit mois environ. Pour un lieu donné, la moyenne est de trois cent soixante-quinze ans. Toute la difficulté est là.
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Regarder sans se brûler les yeux
En Belgique, il n'y aura pas de totalité. Le Soleil ne devient inoffensif que pendant la phase totale, et uniquement à l'intérieur de la bande de totalité, qui passe au nord de l'Espagne. Ici, la protection est obligatoire du premier au dernier instant, y compris quand il ne reste qu'un dixième du disque.
À faire
À ne jamais faire
Avec des enfants
Ne regardez pas que le Soleil
Le disque solaire n'est qu'une partie du phénomène, et c'est la seule qui exige un équipement. Tout le reste s'observe à l'œil nu, en toute sécurité.
Sources et méthode
Institutions de référence
- Observatoire royal de Belgique, pages Éclipses Circonstances belges, taux d'occultation, dates des éclipses visibles depuis le pays.
- Laboratoire Temps Espace, Observatoire de Paris - PSL Référence française pour les éphémérides. Calendrier des éclipses, durées des phases centrales, circonstances parisiennes.
- NASA Goddard Space Flight Center, Five Millennium Catalog of Solar Eclipses Catalogue d'Espenak et Meeus. Trajectoires, largeurs de bande, séries de saros.
- Cartographie interactive de Xavier Jubier Circonstances pour n'importe quel point du globe. L'outil de référence pour vérifier un lieu précis.
Ce que le dossier calcule lui-même
- Les orbites du mode système solaire sont résolues par l'équation de Kepler sur les éléments J2000 du Jet Propulsion Laboratory. Aucune perturbation gravitationnelle mutuelle n'est prise en compte : le modèle vaut sur quelques siècles autour de l'an 2000, pas au-delà.
- Le cône d'ombre du mode éclipse est calculé à partir des diamètres apparents réels, par triangles semblables. Sa pointe tombe tout juste au-delà de la distance Terre-Lune, ce qui explique l'étroitesse de la bande de totalité.
- Le simulateur d'observation interpole entre les instants publiés par la formule de l'aire commune à deux disques. Il reproduit exactement les valeurs sourcées, et rien de plus.
- Les distances et les rayons du mode système solaire sont comprimés par une loi de puissance. Le système solaire ne peut pas être représenté à l'échelle et rester lisible.
- La carte européenne est intégralement calculée à partir des éléments besséliens de la NASA : ligne centrale, limites de la bande de totalité, courbes d'égale occultation et valeur en tout point survolé. La méthode a été validée sur quatre repères publiés, Bruxelles 89,48 % contre 89,5 % annoncés par l'Observatoire royal, Paris 92,06 % contre 92 %, largeur maximale 294 km et plus grande éclipse à 65,22° N 25,23° O, toutes deux conformes à la NASA.
Points restant à vérifier
- Les taux d'occultation de Gand, Liège et Arlon sont désormais calculés par la méthode besselienne validée sur Bruxelles et Paris, et signalés comme tels dans le tableau. Ils restent à confirmer auprès de l'Observatoire royal avant publication, par principe et non par doute sur le calcul.
- Les horaires espagnols et islandais sont des valeurs de travail, à recouper sur la cartographie de Xavier Jubier.
- Les taux d'occultation belges des éclipses postérieures à 2026 ne sont pas publiés à ce jour. Le dossier affiche les valeurs parisiennes du LTE-IMCCE, clairement identifiées comme telles, et ne les présente pas comme belges.
- Les textures des corps célestes sont générées par programme. Ce ne sont pas des images de mission. À remplacer par les cartes officielles avant publication : voir
img/SOURCES.md.
Données tierces et crédits
- Natural Earth 4.1 Fond de côtes de la carte européenne. Domaine public. Contours simplifiés à 0,16° pour tenir dans un fichier de 180 Ko.
- Open-Meteo Température et couverture nuageuse affichées dans l'entête. Licence CC BY 4.0. Aucune clé d'API, aucune donnée de lecteur transmise ailleurs.
- NASA NSSDCA Planetary Fact Sheets Chiffres des fiches de corps. Éléments orbitaux J2000 du Jet Propulsion Laboratory.
- SIMBAD, Centre de données astronomiques de Strasbourg Coordonnées équatoriales et magnitudes des nébuleuses et des étoiles zodiacales. Distances issues de Gaia DR3 quand elles existent.