Plongée au coeur des

Rodéos urbains

Journalistes au service Belgique : Louis Dominé | Nicolas Gobiet
Photographe : Ennio Cameriere

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Dérapages contrôlés, courses de voitures clandestines et chassés-croisés avec la police. Durant plusieurs soirées, La Libre s’est immergée dans l’univers des rodéos motorisés. Un milieu où la vitesse et l’adrénaline flirtent sans cesse avec l’illégalité et le danger. Une enquête exclusive en trois épisodes : des aires d’autoroute wallonnes transformées en circuits de fortune aux commissariats des quatre coins du pays. Avec, détour obligé, les réseaux sociaux, véritables caisses de résonance du phénomène.


01 — Reportage

Des conducteurs en roue libre ?

Réalisé par :
Louis Dominé84
Nicolas Gobiet71
Ennio Cameriere92
Raphael Batista - Didier Lorge48

Des conducteurs en roue libre ?

Un moteur gronde à tout rompre. Une épaisse fumée grise sort d’un pot d’échappement. Odeur d’essence, odeur de gomme. Nous sommes sur le parking d’une grande surface de la périphérie de Charleroi.

Il est presque 22 heures lorsque des dizaines de véhicules envahissent les lieux. Leurs puissants phares roses et jaunes trouent l’obscurité. Leurs capots en acier reflètent la lumière des réverbères.

Dans le cercle fermé des passionnés d’automobile, ces rassemblements nocturnes portent un nom : les “rassos”. La discrétion reste de mise. Le point rendez-vous n’a été transmis qu’à la dernière minute via des canaux Telegram, une messagerie cryptée.

Ambiance décontractée. Musique à fond la caisse. Une centaine de personnes sont déjà réunies pour la première étape de la nuit : le “static”, lors duquel les voitures restent à l’arrêt. Exposées comme des trophées.

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La Libre dépose plainte au Comité P

Dans le cadre de son long format sur les rodéos urbains, La Libre s’est rendue à trois reprises à ces rassemblements nocturnes. Lors d’une de ces soirées, nos deux journalistes et notre photographe ont subi une arrestation et des contrôles disproportionnés entravant inutilement leur liberté d’informer.

Présents de nuit sur une aire d’autoroute, ils ont été contrôlés vers 2h40 lors d’une vaste intervention policière, réunissant la police fédérale, la police locale et des unités spéciales. Malgré la présentation immédiate de leurs cartes de presse, ils ont été séparés en deux groupes, fouillés (véhicules, sacs, matériel photo-vidéo) et retenus près d’une heure sans explication claire. Notre photographe a été privé de liberté plus longtemps (environ 1h30). Un commissaire a exigé de voir ses images, menaçant de saisir le matériel, malgré les refus répétés des journalistes invoquant le secret des sources et la protection de nos fixeurs.

Estimant cette manœuvre abusive et disproportionnée, nos trois collaborateurs et l’Association des journalistes professionnels (AJP) ont décidé de déposer plainte au Comité permanent de contrôle des services de police (Comité P).

La Libre ainsi que la Société des rédacteurs (SDR) déposeront également une plainte.