On le mange sans y penser, puis on jette le noyau. Pourtant, ce gros pépin lisse ne demande qu'un verre d'eau et un peu de patience pour devenir un arbre entier. Le geste a quelque chose d'irrésistible.
Il y a une part d'enfance dans l'idée de faire germer un avocatier sur le rebord de l'évier. On plante trois cure-dents dans le noyau, on le pose sur un verre, base dans l'eau, et l'on attend. Des semaines durant, rien ne bouge, puis le noyau se fend, une racine blanche plonge, une tige monte, et de premières feuilles se déploient, larges et vernissées.
Espérer des fruits sur un rebord de fenêtre bruxellois relève du rêve : il faudrait des années, un greffage et un climat qu'on n'a pas. Mais la plante, elle, vaut le détour pour elle-même, beau feuillage sur tige élancée, à tailler pour l'étoffer. Un arbre né d'un reste de cuisine, c'est déjà beaucoup.
« Faire naître un arbre d'un déchet de cuisine : voilà un tour de magie qui ne s'use jamais. »
01Lumière, eau, entretien
Une fois en pot, l'avocatier réclame beaucoup de lumière, la plus vive possible sans soleil brûlant derrière une vitre. On garde le terreau frais sans le détremper, et l'on pince la tête vers vingt centimètres pour l'inciter à se ramifier plutôt qu'à filer tout droit. Il aime la chaleur et déteste les coups de froid : gardez-le à l'intérieur sous nos latitudes.
Toxique pour les animaux
L'avocatier contient de la persine, toxique pour les chats, les chiens, les chevaux et surtout les oiseaux et rongeurs. Feuilles, fruit et noyau sont concernés : à tenir hors de portée des animaux.
Pas d'effet dépolluant prouvé
Il ne figure pas dans l'étude Clean Air de la NASA et n'a pas d'effet dépolluant établi. On le cultive pour le plaisir du geste et pour son feuillage.
Sources : repères horticoles généraux (RHS, Missouri Botanical Garden, POWO-Kew), à ajuster selon l'exposition et la saison. Toxicité d'après l'ASPCA ; effet dépolluant d'après l'étude Clean Air de la NASA (1989), dont la portée réelle en intérieur fait débat. Multiplication inspirée de « Faites pousser vos boutures ! », Céline.
