En 2014, chaque ménage belge dépensait en moyenne un peu plus de 1600 euros en vêtements et chaussures, selon le SPF Économie. Un montant qui devrait diminuer drastiquement dans les prochaines années. En effet, nous sommes à l’aube d’une révolution qui semble être sortie tout droit d’un film de science-fiction: le textile autoréparateur. Une innovation majeure qui rendrait les vêtements théoriquement éternels.
Cette semaine, la rédaction de LaLibre.be vous propose une plongée dans un futur dans lequel les textiles sont inusables. Alors, les vêtements qui se réparent tout seuls, c’est pour demain ?
En juin 2016, un groupe de chercheurs américains de l’université de Pennsylvanie présente au monde une substance faite à base de différentes bactéries. Celle-ci permet, une fois appliquée sur un tissu, de le réparer.
Encore au stade expérimental, cette nouvelle technologie a un potentiel à la fois pour l’ensemble de la population, mais aussi dans le secteur militaire. En effet, un uniforme ou tout autre équipement de protection qui se réparent tout seuls pourraient sauver de nombreuses vies. Il suffit d'imaginer une tenue de protection contre la radioactivité qui se déchirerait au cours d'une opération. Au lieu d'exposer le soldat sur l'entièreté de la mission, la combinaison se réparerait et ce, comme par magie.
Il n’est donc pas surprenant que cette découverte ait été faite avec le soutien du bureau de recherche de l’armée américaine.
La substance découverte qui permet la réparation spontanée du tissu est issue d’une protéine de poulpes et composée d’un mélange de bactérie et de levure. Les parties d’un tissu qui aurait été coupé en deux peuvent ainsi se ressouder et ne faire qu’un à nouveau. Pour que la fusion du textile se déroule au mieux, il faut que les deux parties soient immergées dans l’eau et pressées l’une contre l’autre, la fusion se fait alors au niveau moléculaire.
prototype du tissu autoréparateur de l’université de Pennsylvanie
Pourtant le tissu autoréparateur de l’université de Pennsylvanie ne se trouve encore qu’au stade de l’expérimentation et les scientifiques estiment que cette technologie sera prête d’ici une vingtaine d’années.
Face à cette découverte révolutionnaire, il existe une alternative moins impressionnante,mais déjà commercialisée: le tissu NTC.
Ce matériau peut être troué par une vis ou tout autre objet pointu, et ce sans laisser de trace. En effet, il se répare spontanément grâce à la friction de la zone percée. Pratiquement, ce tissu est composé de fibres qui se retrouvent écartées lors de la pénétration de l’objet dans le tissu. Celles-ci peuvent se remettre à leur place originelle grâce au frottement.
La marque américaine Imperial Motion commercialise des vestes, mais aussi des sacs faits dans ce matériau.
Il existe de nombreuses start-ups qui lancent chaque année d’autres tissus révolutionnaires. Parmi celles-ci, ODO et ses jeans qui ne peuvent être tachés.
Ou encore ces chaussettes dont le tissu hydrophobe permet d’éviter d’avoir les pieds mouillés.