Comme toutes les compagnies aériennes au monde, Brussels Airlines émet un montant important de tonnes de CO2 annuellement. En 2020, année marquée par un très fort ralentissement du secteur aérien à cause du Covid, le transporteur belge a ainsi émis 608 500 tonnes de CO2. Ce résultat d’émissions de carbone est obtenu en multipliant par 3,15 le nombre de tonnes de kérosène "réellement consommées" par les avions de la compagnie.
Brussels Airlines a pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050, but que vient de fixer l’Iata, l’association internationale du secteur aérien, pour l’ensemble des compagnies à travers le monde. Il y aura une étape intermédiaire. "Au sein du groupe Lufthansa, nous avons l’ambition de réduire nos émissions de 50 % en comparaison à l’année 2019 d’ici 2030", explique Kim Daenen, la porte-parole de l’entreprise. "Chez nous, ce sont surtout les avions qui comptent pour réduire notre empreinte écologique. Nous avons ainsi déjà restructuré notre flotte long courrier il y a quelques années, et nous sommes en train d’améliorer notre flotte moyen-courrier en introduisant notamment des A320 Neo. Ce type d’avion consomme en moyenne 11 % de carburant en moins et réduit les émissions sonores de 50 %. Grâce à une capacité en sièges nettement supérieure, la consommation de carburant par siège est réduite de 30 %."
La compagnie belge mise aussi énormément sur les carburants alternatifs pour assurer cette transition. Mais, en ce moment, ce "fuel durable" est 5 fois plus cher que le kérosène classique. "Il faut donc des investissements dans la recherche dans ce domaine, pas uniquement de notre secteur mais aussi des différents gouvernements dans le monde entier." Chaque petit geste a désormais son importance chez Brussels Airlines. "Nos équipes tiennent compte du poids de chaque produit avant de l’introduire à bord de nos avions. Un objet lourd équivaut ainsi à une consommation accrue de CO2", poursuit la porte-parole. "C’est la raison pour laquelle, par exemple, nous avons éliminé notre magazine de bord et les journaux papiers, remplacés maintenant par des éditions digitales."
C’est en 2008 que le groupe de distribution Colruyt a dressé pour la première fois un bilan carbone. Les projets de réduction des émissions de CO2 ont ensuite été lancés au cours de la période 2011-2015. Le groupe s’est d’abord concentré sur la baisse des émissions issues des systèmes de réfrigération et de la mobilité, avant de s’attaquer aux systèmes de chauffage.
En 2020, ses activités ont représenté 115 000 tonnes d’émissions directes d’équivalent CO2. Cette analyse se base sur les scope 1 et 2, c’est-à-dire ceux liés à l’émission directe et indirecte de CO2. Par rapport à l’année de référence 2008, il affiche une baisse de 31,4 %. Même si Colruyt parle d’une "analyse très approfondie", celle-ci ne prend donc pas en compte le scope 3 (les émissions liées à la chaîne d’approvisionnement), pourtant jugé déterminant par les scientifiques dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.
Le groupe est au stade où il fait l’inventaire de ces émissions du scope 3. "Pour un retailer, il est très complexe de cartographier les émissions du scope 3, simplement parce qu’il est très large. Pour mettre cela en perspective, le scope 3 représente plus de 99 % de nos émissions totales de CO2. En outre, Colruyt n’est pas un "détaillant traditionnel" mais aussi un producteur, un distributeur, un grossiste, etc. Notre chaîne de valeur est très complexe et il n’est pas facile de collecter des données qualitatives", nous explique le service de presse. Qui cite quelques "actions" réalisées au niveau du scope 3 comme opérer des choix dans le transport des fournisseurs, des clients et des collaborateurs.
D’ici 2030, Colruyt entend atteindre une réduction de 40 % de ses émissions relatives par rapport à 2008 (scopes 1 et 2), par rapport au chiffre d’affaires. Les moyens d’y arriver sont multiples : utilisation de réfrigérants naturels type propane, récupération de la chaleur résiduelle pour le système de chauffage, utilisation des Liquid Ice Containers (LIC) pour le transport des produits frais et surgelés, une logistique "plus propre" qui passe par des carburants moins émetteurs de CO2 y compris pour les voitures de société. Colruyt va également éliminer de l’atmosphère au minimum l’équivalent de ses émissions (issues des scopes 1 et 2) en plantant des arbres, notamment au Congo.
En tenant compte des gaz émis et ceux éliminés, il vise l’objectif de zéro émission nette d’ici 2030 en ce qui concerne les scopes 1 et 2.
Le groupe pétrolier TotalEnergies s’est engagé à réduire ses propres émissions de CO2 de 30 % au niveau mondial. Les émissions nettes du groupe doivent passer de 39 millions de tonnes, en 2020, à un niveau compris entre 25 et 30 millions de tonnes en 2030. Comment réaliser cela ? Le groupe français compte énormément sur la technologie controversée qui consiste à capturer et à séquestrer du CO2. Il prévoit également de recourir à des solutions naturelles, comme la plantation d’arbres. Le gros de l’effort viendra donc de la compensation carbone, plutôt que la réduction des émissions du groupe. Sur les 9 à 14 tonnes qui doivent être épargnées par TotalEnergies d’ici 2030, 3 à 5 tonnes sont censées venir de la capture de CO2 et 5 à 10 tonnes des solutions naturelles.
Le groupe français est actionnaire de plusieurs projets de capture de carbone : Northern Lights en Norvège avec 33 %, Aramis aux Pays-Bas avec 50 %, NEP au Royaume-Uni avec 17 %. Cette technologie n’en est cependant qu’à ses débuts : une vingtaine de sites sont opérationnels au niveau commercial, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Par ailleurs, le groupe Total a refusé de s’engager sur ce qu’on appelle le scope 3, les émissions de ses clients. Or, pour une compagnie pétrolière, ce segment représente la grande majorité des émissions de carbone. Alors que le groupe Total a émis 39 millions de tonnes de CO2 en 2020, l’utilisation de ses produits (essence, diesel…) a généré 400 millions de tonnes de CO2. Pourquoi ne pas s’engager à ce niveau-là ? "Il s’agit des émissions indirectes de gaz à effet de serre liées à l’utilisation des produits énergétiques de TotalEnergies par ses clients", répond le groupe français. "Or, l’usage de nos produits relève de la décision de nos clients." Le groupe précise cependant qu’il va inciter ses clients à choisir des produits énergétiques de moins en moins carbonés.
"Nous abandonnerons totalement le charbon d’ici 2030, c’est un enjeu énorme au regard de l’histoire de la société", nous assurait Ilham Kadri, la CEO de Solvay, il y a quelques mois. Un "enjeu énorme", tout comme celui d’inscrire un géant de la chimie dans une dynamique durable. Quand on pense environnement, difficile d’affirmer penser à ce secteur en premier. Pourtant, la CEO s’y applique, jusqu’à lancer Solvay One Planet en 2020, qui regroupe les différents engagements environnementaux et sociaux du groupe, ainsi que de rejoindre un consortium de recyclage de batteries avec Renault et Veolia en 2021. Bref, pour Solvay, l’avenir du business se doit d’être durable, dans tous les sens du terme. Dans les faits, si le groupe a quelques fois été pointé du doigt par le passé, il semble réussir sa mutation nécessaire entamée il y a quelques années.
Le groupe avance que ses émissions de gaz à effet de serre de scope 1 et 2 (émissions directes de l’entreprise et celles liées à son alimentation énergétique) étaient de 12 millions de tonnes équivalent CO2 et que celles-ci devraient avoir diminué d’ici la fin de cette année grâce aux différents projets que le groupe a mis en place à travers le monde. Et si l’on se fie au rapport annuel de 2020, elles étaient de 10,1 millions de tonnes. Scope 3 compris, donc en prenant en compte toutes les émissions indirectes, on arrive à un total de 38,9 millions de tonnes. "Nous incluons les émissions de CO2 mais aussi de tous les autres gaz à effet de serre répertoriés dans le protocole de Kyoto", précise le porte-parole du groupe. "Le volume publié est mondial et inclut toutes les entités consolidées […]. Toutes les catégories de scope 3 sont incluses depuis 2018", ajoute-t-il. 8 % de réduction en 2020 "Nous avons un objectif de réduction de 26 % de nos émissions mondiales scope 1 et scope 2 entre 2018 et 2030 (…).
En 2020, Solvay a déjà atteint 8 % de réduction et a lancé pas moins de 28 projets concrets visant à la réduction annuelle de 1,8 million de tonnes de CO2, ce qui équivaut à retirer 1 million de voitures de la circulation", avance encore le porte-parole. "Nous nous sommes aussi engagés dans l’initiative Science Based Targets (un programme visant la réduction des émissions de gaz à effets de serre des industries, NdlR). Dans ce cadre, nous nous préparons à prendre pour la première fois un objectif de réduction des émissions de notre scope 3.".
C’est depuis fin 2020 que le groupe Besix calcule son bilan carbone. Et il prévoit de communiquer ses chiffres tous les 6 mois à partir de fin 2021 quand il aura une année complète de calcul. Début 2022, un site web spécifique CO2 sera lancé sur lequel le bilan carbone et les rapports liés vont être publiés tous les 6 mois. Et quel est ce premier bilan carbone ? "Si on prend Besix BeNeLuxFr (sans scope 3, mais néanmoins quand même avec tous les vols internationaux liés à nos activités dans 26 pays du monde), le bilan est de 16 606 tonnes", répond le service de presse. Le scope 3 (qui est censé prendre en compte les émissions de toute la chaîne d’approvisionnement) n’est "effectivement pas calculé partout. Il est inclus dans tous nos projets qui sont liés à la certification ‘échelle de performance CO2’(par exemple, Ecluse Beatrix, Ecluse Limmel aux Pays-Bas). Il sera aussi inclus dans nos prochains gros projets d’infrastructure en Belgique (Ring Oosterweel à Anvers et Ring 4 à Gand). Mais cela ne se fait pas encore de façon consolidée au sein de Besix." Critères scientifiques pour 2023 Pour l’avenir, le groupe de construction n’a pas encore d’objectif officiel. "Vu notre récent engagement envers SBTi (Science Based Targets Initiative), nous avons pour ambition de définir des objectifs selon des critères scientifiques pour 2023 au plus tard et de les faire approuver par SBTi. Ces objectifs intégreront le scope 3. Nous n’avons dès lors pas encore d’objectif officiel pour 2050 si ce n’est une ambition morale d’être décarboné." Pour "décarboner", Besix vise notamment des voitures de société à zéro émission d’ici 2032, une électricité verte 100 % locale pour tous ses bureaux et installations fixes d’ici début 2022 et des équipements de chantier lourds durables.
"Bringing people together for a better world ("Mener les gens ensemble vers un monde meilleur"). C’est le titre du rapport 2020 ESG (Environnement, social, Gouvernance) du géant brassicole AB InBev. Un rapport de 66 pages, qui détaille les initiatives prises en matière de développement durable et où on trouve le chiffre des émissions CO2 du groupe.
En 2019, l’empreinte carbone était de 55.3 kg d’émissions Co2 par hectolitre. En 2020, il est revenu à 53.13 en kg Co2/hl en raison de la crise sanitaire. Le calcul prend en compte les trois scopes, c’est-à-dire les émissions sur le site (scope 1), les émissions créées lors du processus de production et le scope 3 qui reprend toutes les émissions indirectes.
"Nous avons déjà atteint une réduction de 10,4 % des émissions de GES (gaz à effet de serre) dans le scope 1, 2 et 3 par rapport à l’année de référence (2017)", explique-t-on chez AB Inbev.
Ce rapport est vérifié par un "auditeur indépendant" (KPMG). Et "conformément à la recommandation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (NDLR Giec), nous avons fixé en mars 2018 un objectif fondé sur des données scientifiques qui correspond aux réductions nécessaires pour maintenir le réchauffement à 1,5 degré Celsius", poursuit la porte-parole.
Le groupe a prévu de réduire de 25 % ses émissions de carbone dans toute sa chaîne de valeur (scope 1,2 et 3) d’ici 2025.
Quelles mesures compte prendre le groupe qui travaille avec 20 000 fermes dans 13 pays différents ? "C’est beaucoup de différentes initiatives comme investir dans l’électricité renouvelable, l’agriculture durable, l’emballage circulaire, la logistique verte, des innovations durables."