28 octobre / Premiers changements

“The bird is freed”. En tweetant ces quatre mots, Elon Musk officialise le rachat de Twitter, mettant un terme à une saga longue de plusieurs mois. Le milliardaire sud-africain a déboursé 44 milliards de dollars pour s’offrir le réseau social à l’oiseau bleu.

Le même jour, Elon Musk licencie trois cadres de l’entreprise : le directeur général, Parag Agrawal, son directeur financier Ned Segal et la directrice des affaires politiques et juridiques Vijaya Gadde. Le coût de ces licenciements est estimé à 100 millions de dollars.

Le cours de l’action Twitter, lui, est suspendu suite au rachat. Elon Musk avait annoncé précédemment son intention de sortir Twitter de la bourse.

30 octobre / Vers des certifications payantes ?

La newsletter américaine “Platformer” annonce l’intention d’Elon Musk d’implémenter une certification payante sur Twitter, via l’abonnement “Twitter Blue”.

31 octobre / Contrôle total

Elon Musk renvoie le conseil d'administration de Twitter et prend la direction du réseau social. Le milliardaire indique que ce rôle ne pourrait être que temporaire.

1er novembre / Confirmation de la mise en place de certifications payantes

confirmant l’arrivée des certifications payantes. “Le système actuel de seigneurs et paysans de Twitter pour savoir qui a ou n'a pas une blue check est une connerie. Le pouvoir au peuple ! Twitter Blue pour 8$/mois”, annonce-t-il. Elon Musk explique également que l’abonnement donne droit à certains avantages (plus de visibilité, moins de publicités, etc).

2 novembre / Mobilisation d’organisations

En réponse à la prise de contrôle de Twitter par Elon Musk, 40 organisations et groupes de surveillance des médias, dont Free Press et NAACP, envoient une lettre aux principaux annonceurs de la plateforme sociale, les exhortant à pousser Musk à rétablir les pratiques de modération de contenu ou à boycotter entièrement Twitter.

3 novembre / De grands annonceurs se retirent

Plusieurs annonceurs décident de suspendre leurs publicités sur la plateforme. Les premiers à l’annoncer publiquement sont General Mills, Pfizer et Volkswagen/Audi. Quelques jours plus tôt, le géant publicitaire Interpublic Group avait conseillé à ses clients de cesser les investissements publicitaires sur Twitter pendant une semaine, le temps de voir la direction prise par l’entreprise.

4 novembre / Réduction de 50% des effectifs

Les licenciements massifs annoncés lors du rachat commencent. Environ 50% des 7500 employés sont virés, selon un document envoyé aux employés du réseau social. Elon Musk affiche également son mécontentement face à la fuite des annonceurs. “Twitter a connu une baisse massive de ses revenus, en raison des pressions exercées par des groupes d'activistes sur les annonceurs”, dénonce-il, menaçant de “nommer et de couvrir de honte” les entreprises succombant à ces pressions.

5 novembre / Lancement des certifications payantes

Twitter lance officiellement les certifications payantes, intégrées à l’abonnement Twitter Blue. À peine cette nouvelle fonctionnalité lancée, Twitter se voit confronté à de nombreux “faux comptes” certifiés. Le lendemain du lancement, le projet est mis sur pause. Selon le New York Times, la décision a été prise afin d’éviter de possible ingérence politique lors des élections de mi-mandat, tenues le 8 novembre. Pour éviter la prolifération de faux comptes vérifiés, Elon Musk annonce que tous les comptes se livrant à de l'usurpation d'identité sans spécifier clairement qu’il s’agit de parodie seront définitivement suspendus.

9 novembre / Deuxième lancement, deuxième cacophonie

Le second lancement des nouvelles fonctionnalités Twitter Blue se passe à nouveau dans la cacophonie totale. De nombreux comptes vérifiés usurpent l’identité de marques connues (Nintendo, Coca Cola) ou de personnalités publiques (LeBron James, George W. Bush et O.J. Simpson). Un chaos total. Ces comptes sont supprimés, même si certains d’entre eux restent en ligne pendant plusieurs heures.

Twit "Ça me manque de tuer des Irakiens”, tweete un compte vérifié se faisant passer pour l'ancien président américain George W. Bush. La publication est ensuite retweetée par un compte vérifié se faisant passer pour Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique qui a participé à l'invasion de l'Irak en 2003. “Pareil, pour être franc", ajoute ce compte.

10 novembre / Risque de faillite et hausse des discours de haine

Dans un mail adressé à ses employés, Elon Musk évoque la possibilité d’une faillite de Twitter. “Désolé que ce soit mon premier mail à toute l'entreprise, mais il n'y a aucun moyen d'édulcorer le message. Sans revenus d'abonnement significatifs, il y a de fortes chances que Twitter ne survive pas à la prochaine récession économique”, écrit-il. Le nouveau propriétaire de Twitter affirme avoir vendu des actions Tesla afin de “sauver Twitter”. Le même jour, un rapport du Center for Countering Digital Hate affirme que le nombre de tweets contenant des insultes raciales ou homophobes a grimpé en flèche dans la semaine qui a suivi le rachat de Twitter par Musk. L’utilisation du mot “nigger” a par exemple triplé.

13 novembre / Licenciement de modérateurs

Elon Musk décide de continuer à licencier des membres de plusieurs équipes luttant contre la désinformation. Cette fois, ce sont plus de 3000 sous-traitants qui sont visés par des licenciements.

17 novembre / Des sénateurs démocrates demandent une enquête

Un groupe de sénateurs américains démocrates écrit à la Commission fédérale du commerce pour lui demander d'enquêter sur Twitter, estimant qu’Elon Musk avait “compromis l’intégrité et la sécurité de la plateforme”.

19 novembre / Retour de Donald Trump

Dans un sondage, Elon Musk demande aux utilisateurs de la plateforme de voter pour ou contre le retour du compte de Donald Trump sur Twitter.

Avec plus de 15 millions de votants, c’est finalement le “oui” qui l’emporte avec 51,8%. “Le peuple a parlé. Trump sera rétabli. Vox Populi, Vox Dei”, écrit Elon Musk. S’il a salué la décision, l’ancien président américain a cependant exclu un retour sur la plateforme, préférant rester sur le réseau qu’il a lui-même lancé, Truth social. La veille, de nombreux comptes suspendus ont eux-aussi été restaurés par Elon Musk au nom de la liberté d’expression.

23 novembre / Arrêt de la lutte contre la désinformation sur le Covid-19

Twitter décide de mettre un terme à sa politique de lutte contre la désinformation sur le Covid-19. L’information n’est rendue publique que le 30 novembre, par communiqué de presse.

25 novembre / Refonte totale des badges de vérification

Twitter annonce son intention de réorganiser son service premium avec des symboles de vérification de différentes couleurs : or pour les entreprises, gris pour les comptes gouvernementaux et bleu pour tous ceux qui sont prêts à payer via Twitter Blue.

28 novembre / Guerre avortée contre Apple

Elon Musk s’en prend à Apple et assure que l’entreprise aurait menacé de supprimer Twitter de son App Store. Selon Numerama, il reproche également à Apple d’appliquer une taxe de 30% sur les produits de l’App Store, d’avoir suspendu une partie de ses publicités sur la plateforme et d’être au service de la gauche américaine. Deux jours plus tard, le milliardaire rencontre Tim Cook, le directeur général d’Apple. “Nous avons résolu le malentendu concernant le retrait potentiel de Twitter de l'App Store", explique Elon Musk sur Twitter, suite à la rencontre.

29 novembre / Les modérateurs encore visés

Selon Bloomberg, l'équipe de modération du réseau social chargée de lutter contre les contenus pédopornographiques a vu ses effectifs réduits de 50 %. Selon le média américain, l'équipe compte désormais moins de 10 spécialistes chargés d'examiner les signalements. Cinq jours plus tôt, Elon Musk assurait que la suppression de contenus exploitant sexuellement des enfants était “la priorité n°1” de Twitter.

30 novembre / Avertissement de l’Union européenne

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, avertit Elon Musk qu'il doit "significativement augmenter les efforts" pour se conformer aux règles de l'UE, lors d'un entretien téléphonique. Selon le Financial Times, le commissaire européen a clairement posé sur la table une éventuelle interdiction de Twitter sur le continent.

2 décembre / Suspension de Kanye West

Le compte Twitter du rappeur Kanye West est suspendu après avoir tweeté une image modifiée de l'étoile de David avec une croix gammée à l'intérieur. Ces derniers mois, le rappeur avait multiplié les commentaires antisémites. “J'ai fait de mon mieux. Malgré cela, il a à nouveau violé notre règle contre l'incitation à la violence. Le compte sera suspendu", écrit Elon Musk.

10 décembre / Troisième lancement des certifications payantes

Twitter relance à nouveau son service de vérification payante. Cette fois, la plateforme procède à un examen complet des comptes souhaitant être vérifiés. Annoncé au prix de 8 dollars par mois pour les internautes, l’abonnement Twitter Blue est désormais facturé 11 dollars par mois pour les utilisateurs d'iPhone et d'iPad.

13 décembre / Dissolution du “Trust and Safety Council”

Twitter annonce la dissolution du Conseil de confiance et de sécurité, un groupe de bénévoles formé en 2016 pour conseiller le réseau social sur ses politiques, selon un mail examiné par Reuters.

14 décembre / Suspension d’@ElonJet et mesures anti-doxxing

@ElonJet, le compte qui suit les déplacements du jet personnel d'Elon Musk, est suspendu de Twitter. Elon Musk avait pourtant déclaré en novembre que même si ce compte représentait un "risque direct pour sa sécurité personnelle", il ne l'interdisait pas dans le cadre de son "engagement en faveur de la liberté d'expression".

16 décembre / Série de suspension de comptes de journalistes

Les comptes de plusieurs journalistes spécialisés dans la tech’ sont suspendus, accusés d’avoir “doxxé” (révéler des informations permettant d’identifier quelqu’un, NdlR) le milliardaire. Parmi les journalistes suspendus, plusieurs écrivaient pour des médias renommés tels que le New York Times, CNN ou le Washington Post. Tous avaient couvert le rachat de Twitter par Elon Musk et, plus récemment, la suspension du compte @ElonJet. Ces comptes sont finalement restaurés le lendemain.

18 décembre / Interdiction des liens vers les autres réseaux sociaux

Twitter déclare la guerre à Mastodon, réseau social rival. Les liens vers Mastodon sont bloqués, déclarés comme étant des contenus ‘potentiellement dangereux”. Le compte Twitter officiel du réseau social est quant à lui suspendu. Ces restrictions coïncident avec le lancement d’une nouvelle politique interdisant la publication sur Twitter de liens vers d’autres réseaux sociaux considérés comme "concurrents". Face au tollé provoqué, Elon Musk fait rapidement marche arrière, provoquant la confusion quant à ce qui est autorisé ou non.

21 décembre / Elon Musk annonce son départ

Moins de deux mois après avoir racheté Twitter, Elon Musk annonce quitter le poste de CEO “dès que j'aurai trouvé quelqu'un d'assez fou pour prendre le poste”. “Après cela, je me contenterai de diriger les équipes chargées des logiciels et des serveurs”, écrit-il. Le 19 décembre, le millionnaire avait lancé un sondage questionnant son rôle au sein de l’entreprise. “Dois-je me retirer de la direction de Twitter ? Je me plierai aux résultats de ce sondage”, avait-il publié. C’est le oui qui l’avait emporté avec 57 % des 17 millions de votes.