Livraison par drone, miroir connecté et magasin autonome:
le shopping 2.0 a de beaux jours devant lui
Avec l’arrivée des nouvelles technologies, la manière dont nous consommons est en pleine révolution. Alors que, depuis des siècles, l’achat d’un bien s’effectuait le plus souvent par un déplacement physique, aujourd’hui tout ou presque peut vous être livré en quelques dizaines d’heures.
En 2016, plus de huit millions de Belges ont effectué un total de 85 millions d’achats en ligne pour une somme de plus de neuf milliards d’euros. Des chiffres qui augurent de belles années pour une nouvelle forme de vente : l'e-commerce.
Pourtant, bien loin de désigner uniquement l’engouement pour les plateformes en ligne, l'e-commerce pourrait tout aussi bien changer l’expérience même du client lors de sa visite dans un magasin. Livraison par drone, miroir connecté et magasin autonome: dans le cadre du rendez-vous dominical "C'est pour demain", la rédaction de LaLibre.be vous invite à découvrir ce que vous réserve l'avenir du shopping.
C'est un oiseau, c'est un avion... Non! C'est un drone de livraison!
Besoin de litière pour votre chat ou d’une nouvelle tablette ? L’ambition d’Amazon, géant de l'e-commerce, est de vous les livrer en moins d’une demi-heure, et ce par les airs. En effet, en 2013, Jeff Bezos, CEO d’Amazon et homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à 155 milliards de dollars, annonçait le projet " Amazon Air Prim e" visant à transporter des colis allant jusqu’a 2,25 kg.
Alors que les premiers vols ont eu lieu il y a près de deux ans maintenant, les équipes du géant de l’e-commerce font face à de nombreux challenges. Que ce soit en termes de sécurité, mais aussi d’autorisation de vol. Rappelons en effet qu’un permis est nécessaire dans de nombreux pays, notamment en Belgique, afin de faire voler un drone et qu’aucune législation n’existe vraiment concernant le vol automatisé de tels engins.
Miroir, miroir, est-ce que ce chemisier me va?
" Sorcellerie !" s’écrierait le célèbre Jacquouille des visiteurs s’il se retrouvait au sein de la cabine d’essayage des laboratoires OAK. Alors qu'aujourd'hui les sites internet ont pour volonté de se rapprocher le plus possible de l’expérience d’une véritable visite dans un magasin, cette innovation veut rapprocher davantage le shopping physique avec l’e-commerce au moyen de nombreuses fonctionnalités.
Dans cette cabine, un capteur RFID comptabilisera votre nombre d’articles, si l’un d’entre eux n’est pas à votre taille, vous pouvez immédiatement demander, depuis le miroir tactile, le même produit dans une autre taille, mais aussi un autre coloris. Un vendeur reçoit alors une notification et vous amène le produit, tout en n’hésitant pas à vous proposer un article complémentaire que l’algorithme aura trouvé comme étant un bon complément.
Cette technologie reste aujourd’hui onéreuse et n’est présente que dans très peu de magasins à travers le monde. On la retrouve notamment chez Ralph Lauren sur la Cinquième avenue à New York. Pourtant, l’idée d’un miroir connecté existe depuis des années. Ainsi, Prada en 2001 avait testé de manière infructueuse ce concept et de nombreux autres produits plus confidentiels ont vu le jour depuis, mais ne sont que peu abordables techniquement et financièrement.
Roboutique
Depuis des décennies, les romans d’anticipation et de science-fiction sont peuplés de robots et d’intelligence artificielle. Alors que Skynet n’est pour l’instant pas d’actualité, la robotique a depuis longtemps maintenant transformé de nombreux secteurs de l’industrie mondiale, et la prochaine étape pourrait bien prendre place entre les rayons de vos supermarchés ou sur les parquets cirés de vos magasins de vêtements. En effet, de nombreux robots destinés au secteur de la vente ont vu le jour. En tête de gondole se retrouve Pepper, un robot humanoïde de la société SoftBank Robotics.
C’est en 2014 que naît ce nouveau bébé technologique. 1m20 d’innovation de pointe pour 28 kg, le nouveau-né a alors comme tâche de distraire et informer les clients de la société Softbank. Le robot plaît et accueille désormais les clients de plusieurs milliers d’entreprises à travers le monde.
La société japonaise Toshiba s’est elle aussi lancée dans la robotique avec son robot humanoïde (légèrement anxiogène) ChihiraAico.
Ce robot servant à accueillir les clients dispose de nombreux moteurs et d’une intelligence artificielle. L’objectif pour le constructeur est simple : lui permettre, d’ici 2020, de s’exprimer dans n’importe quelle langue afin d’accueillir les visiteurs des Jeux olympiques qui seront organisés à Tokyo.
Les modèles robotiques ayant un but commercial apparaissent de plus en plus et peuvent être utiles auprès des clients, mais aussi dans la gestion des stocks ou encore la vérification des étiquetages.
En plus des robots, les magasins du futur suivront peut-être le modèle du magasin Amazon Go, ouvert le 22 janvier dernier au public. Son concept est simple : faire disparaître complètement l’intermédiaire du vendeur et l’action de payer. Ainsi, il suffit au client de s’identifier au moyen de son téléphone à l’entrée et de sortir avec ses courses, le coût total étant directement débité de son compte.
Une innovation qui pourrait, à long terme, faire virtuellement disparaître le vol à l'étalage dans les magasins, tout autant qu’éviter aux clients les habituelles files aux caisses.
Toutes ces innovations, parfois loufoques ou trop onéreuses, sont symptomatiques d’un secteur en pleine transformation technologique qui voit apparaître des tendances éphémères tout autant que des innovations révolutionnaires. Une chose est sûre, la facilité accrue de consommation présage de beaux jours pour l’e-commerce.
